Chapitre 5 : Dans La Bruyère, sur une Racine, la Corneille Boisleau de La Fontaine .
Point de vue : SAKURA HARUNO
Ce bal avait été une véritable torture pour moi, rien ne s'était passé comme je l'avais escompté. D'abord parce que Sasuke avait réveillé des souvenirs douloureux (mais peut être étaient-ils aussi douloureux pour lui ?), puis Karin était rentrée tard et en pleures, ne cessant de répéter que Sasuke n'avait pas terminé la soirée avec elle comme convenu. Elle aurait encore voulut une dizaine de danses ! Etant donné que tout ceci s'était passé après notre valse, elle me posa mille et une questions que je tentais de détourner le mieux que je pouvais.
Mais tout ceci était désormais loin derrière moi, nous étions en Juin, bientôt les vacances mais plus proches encore, les examens de fin de trimestre. Le premier à venir était celui de théâtre. Fort heureusement Asuma ne m'avait pas mis dans le groupe de Sasuke, au lieu de ça j'étais avec un certain Gaara No Sabaku et nous avions décidé de jouer Le Cid. Lui, Don Rodrigue et moi Chimène. Hinata m'avait raconté qu'avec Naruto et Sasuke, ils allaient jouer La Cantatrice Chauve, j'attendais de voir ça. Sasuke et le théâtre de l'absurde ça a toujours fait quatre, enfin...
Ce matin, je me réveillais plus tôt comme tout ceux de la classe et me rendais directement en coulisse pour mettre mon costume. Tout le monde était à cran mais avec les blagues de Naruto, la tension retomba. Quand, enfin les professeurs arrivèrent, tout était prêt et ceux qui ne jouaient pas descendirent s'asseoir. Le premier groupe à passer, nous présenta Hernani de Victor Hugo. Puis le deuxième joua En attendant Godot de Samuel Beckett.
Les pièces étaient si longues, que l'évaluation nous prenait toute la journée. Nous fîmes une rapide pause à midi, histoire de ce requinquer et nous retournâmes au théâtre avides de découvrir ce que les autres avaient prévus. Finalement vint le tour de mes amis. Sasuke jouait le Capitaine des pompiers (comme par hasard) et Naruto et Hinata faisaient les époux Martin.
La pièce avait bien avancée et déjà le théâtre était rempli de rires mais ce qui m'étonna le plus, s'était le jeu de Hinata. Je l'avais vu jouer du tragique mais la comédie ou l'absurde lui allait beaucoup mieux !
« Alors, chère madame, je crois qu'il n'y pas de doute, nous nous sommes déjà vus et vous êtes ma propre épouse... Elisabeth, je t'ai retrouvée ! »
Naruto jouait l'excentrique à merveille. Il tendit ses mains pour prendre Hinata dans ses bras, qui répondit :
« Donald, c'est toi, darling ! »
Vraiment, ils étaient merveilleux et ils continuèrent à nous éblouir jusqu'à la fin. Lorsque les applaudissements retentirent, je sus que mon tour était venu. Avec Gaara nous nous dirigeâmes vers la scène, anxieux. Première scène : je me jetais à l'eau et me laissais guider par les vagues de mon c½ur. Les scènes et les actes, défilèrent jusqu'à ce moment. Je savais mon texte, mes didascalies mais j'eus néanmoins un léger trouble. Pour la première fois, je compris le vrai sens des paroles de Chimène. Gaara termina sa tirade sans problème :
« Ton malheureux amant aura bien moins de peine
A mourir par ta main qu'à vivre avec ta haine. »
Puis je répondis :
« Va, je ne te hais point. »
« Tu le dois. »
Et puis là, révélation ! Mon trouble ne devait pas être voyant alors je le cachais tant bien que mal avec mon jeu. Je détournais la tête de Gaara et cherchais malgré moi le regard de Sasuke. Et les mots s'échappèrent :
« Je ne puis. »
J'entendis des murmures dans l'assemblée et je jetais un rapide coup d'½il vers les professeurs qui affichaient une expression indéchiffrable à mes yeux. Gaara en tout bon acteur poursuivit et j'enchaînais aussi, refoulant mes sentiments au plus profond de mon c½ur. C'est vrai, je ne pouvais détester Sasuke, même avec toute la volonté du monde, je n'aurais put. La preuve j'avais gardé son médaillon et une photo de nous, et sa boîte et bien d'autres choses encore ! Alors pourquoi est ce que j'avais si mal quand je le voyais, n'étais-ce pas de la haine ? Je ne comprenais pas. Je sortais de la scène sur ces derniers mots :
« Je cherche le silence et la nuit pour pleurer. »
C'était en effet ce que j'avais fait le soir du bal, en cherchant à parler avec les étoiles mais sans succès. Pour guérir mon c½ur blessé je le faisais tout le temps mais le seul prénom qui, avant, parvenait à me soigner c'était Sasuke. Aujourd'hui je ne sais, si je suis continuellement malade.
La pièce se termina bien, et je ne me laissais plus abuser par mes pensées. Après avoir rangé coulisses et scène, les professeurs nous parlèrent un peu :
_ Et bien ! Que dire à part que c'est la première fois que nous avons une classe si douée. Toutes les pièces que vous nous avez proposées, toutes sans exceptions sont très difficiles. Commença Kakashi.
_ Tragique, Absurde et Tragi-comédie, nous n'en attendions pas temps pour une première fois. Poursuivit Kurenaï.
_ Vous avez risqué le tout pour le tout et c'est ça se voit dans les notes.
La remarque d'Asuma fit pâlir tout le monde. Kakashi toussa pour lui signifier qu'il avait fait une bourde. Kurenaï tenta de sauver la situation.
_ Ne vous en faites pas. Les notes seront affichées à partir de la fin de la semaine avec toutes les autres. D'ailleurs nous vous souhaitons bonne chance et profitez bien de cette nuit pour vous reposez.
Il y eut quelques applaudissements pour la politesse et puis la classe se dispersa. Il était six heures, la totalité des élèves étaient dans la cour, mais moi je préférais me rendre à la bibliothèque. Besoin de solitude sans doute...
Le soir, je supportais le monologue de Karin sans rien dire : elle me parlait de sa journée, de Sasuke, de son épreuve. J'écoutais d'une oreille distraite et je repensais à ce que je venais de découvrir. Je ne hais pas Sasuke, mais je ne l'aime pas non plus. Alors, qu'est ce que je ressens pour lui ? Je ne comprends pas pourquoi mon c½ur s'affole quand je le vois ou quand il me parle. Ça ne doit pas être de l'amour ! Ça ne peut pas être de l'amour ! Il m'est impossible de l'aimer, mais comment faire ?
Point de vue : SASUKE UCHIHA
Alors que Naruto tombait comme une masse sur son lit et ronflait à en faire trembler les murs, moi je ne pouvais trouver le sommeil. Pas à cause du bruit, non : à cause d'elle. J'étais persuadé qu'à ce moment elle avait voulu me faire passer un message. Elle avait cherché mon regard dans l'assistance et prononcé sa phrase comme si son c½ur se trouvait déchiré. Certes Chimène devait faire passer ce message aussi mais le ton paraissait trop naturel pour être mimé. Non, Sakura avait voulu me dire quelque chose, mais quoi ? « Je ne puis. ». Elle ne peut quoi : me voir en peinture, me parler, continuer ainsi à me supporter jour après jour ? Je ne savais si je devais lui demander ou pas. Et puis si je le faisais que me répondrait-elle ?
Trop de questions dans ma tête qui m'empêchèrent de dormir et c'est pourquoi, ce matin-là, je me réveillais avec des canyons sous les yeux. Naruto le remarqua de suite mais ne me posa pas de questions. De toute façon la réponse était évidente. Mais le problème était qu'aujourd'hui nous étions évalués sur les cascades et vu le professeur, je ne doutais pas que l'épreuve serait... un des douze travaux d'Hercule !
Nous échangeâmes un regard, un seul mais cela nous suffit. En fait le temps avait semblé comme arrêté, pour moi. Elle avait son plateau dans les mains et se rendait à une table, toute seule. Moi j'allais en contre sens mais nos yeux ne se lâchèrent pas tant que l'un de nous était encore visible. Elle n'essaya même pas de me faire un petite sourire, de toute façon son regard la trahissait : elle n'aurait pas put me berner. Je ne souriais pas non plus et me contentais de la regarder. Peut être qu'inconsciemment je tentais de lire en elle...
Toute la classe se retrouva au stade et c'est là que les choses prirent une autre tournure. En fait : elles empirèrent. L'évaluation n'avait rien de compliquée en soit : il fallait juste bouger et faire des figures en l'air pour prouver que l'on savait s'adapter aux câbles de trucages mis en place pour de telles cascades. Le problème était tout autre part : il fallait le faire à DEUX ! Bien évidemment, Gaï avait fait les binômes et devinez quoi ? Et oui, je suis avec Sakura. En plus, le script ne collait pas du tout à notre situation.
Il s'agissait d'un défi entre deux duos (sachant que le deuxième était Tenten et Lee). Le meilleur devait attraper une sorte de ruban à sa couleur et le vainqueur aurait la fille du premier duo. Autrement dit, Sakura et moi devrions livrer un duel contre Tenten et Lee et si je perdais, Sakura serait à Lee, dans le cas contraire je pourrais continuer de « l'aimer ». Autant dire que c'est encore une des ses histoires bateau ! Le ruban était accroché sur un arbre dans une forêt et pour le trouver on devrait grimper, sauter, courir sur les troncs et les branches d'où l'utilisation des câbles qui, par un système que j'ai renoncé à comprendre, nous portaient. Avant de commencer l'examen, Gaï voulu nous préciser quelques petites choses.
_ Bien ! Vous connaissez l'épreuve mais comme je ne suis pas un sadique...
A ces mots, tout le monde redouta le pire.
_ ... je vais vous laissez dix minutes avec votre coéquipier pour mettre au point vos actions et vos répliques. Je ne veux pas deux mêmes interprétations, c'est bien clair ! Aller : chacun dans vos coins et j'appelle le premier duo dans dix minutes.
_ Bonne chance ! Termina Tenten dans un sourire.
Par la suite, elle partit avec Lee mettre au point les câbles. Avec Sakura nous restâmes plantés comme deux piquets au milieu du stade. Aucun de nous ne voulait prononcer un mot. Elle gardait la tête baissée et je ne savais pas quoi faire. Je ne comprenais toujours pas son message et j'étais certain que ce n'était pas à cause du bal qu'elle était dans cet état. Je poussais un long soupir et tentais le tout pour le tout :
_ Alors, qu'est ce qu'on fait ?
Elle releva la tête, comme surprise par le son de ma voix.
_ Je... je ne sais pas...
_ Et bah, on est bien avancé !
Les mots m'avaient échappés, j'étais tellement habitué à réagir ainsi. Je regardais Sakura, elle leva sa main, s'apprêtant à me gifler et puis... Rien. Et ses mots me frappèrent : « Va je ne te hais point – Tu le dois – Je ne puis. »
_ Sakura, je... Je ne voulais pas dire ça... C'est sorti...
_ Tu n'auras qu'à suivre mon jeu. Me coupa-t-elle. Laisse-moi agir et agit en fonction.
_ Je... d'accord. Concédais-je.
Son regard ne changea pas à ma reddition et je me posais tout un tas de questions. Après quelques minutes, le professeur rappela tout le monde et nous nous présentâmes en compagnie des autres, sur la ligne de départ de la course. Naruto s'était retrouvé avec une fille plutôt grande, blonde et excentrique autant dire son clone féminin et la totale opposée de Hinata. Quant à la princesse des Hyuga, elle avait pour coéquipier un garçon grand et brun dans le genre courant. Il avait l'air quelque peu stressé néanmoins. Plusieurs groupes passèrent, Tenten et Lee faisaient des prouesses avec les câbles : de vrais oiseaux. Ils étaient si doués que personne n'était capable de battre Lee, il portait Tenten sur son dos en plus. Chaque interprétation du couple était différente alors qu'il jouait tout le temps la scène. En revanche les couples notés eux, ne faisaient pas beaucoup de versions. Il y avait bien eu Naruto qui avait joué l'égoïste en perdant et en disant qu'il n'en n'avait rien à faire de sa petite copine mais...
Là s'était le tour de Hinata. Son coéquipier transpirait à grosses comme s'il avait peur. J'avais quelques doutes pour la pauvre princesse. Si jamais il refusait de jouer s'était le zéro pointé pour elle. Gaï attacha les câbles autour de la taille d'Hinata puis vint le tour du garçon. Face au professeur il recula d'un pas, effrayé.
_ Je... Je peux pas, j'ai la trouille !
_ Mais si, tu peux ! Aller viens. Si tu ne veux pas le faire, tu pénalises Hinata. Déclara Gaï.
_ Je... Désolé Hinata, je ne peux pas.
Il s'éloigna, honteux. Le prof soupira et laissa Hinata retourner parmi les spectateurs. Beaucoup tentèrent de la consoler mais ça ne servait à rien : elle n'avait pas l'air si chamboulée que ça. Puis, c'est notre duo qui fut appelé. On nous équipa, les caméras furent mises en place, Tenten et Lee se placèrent à notre gauche et :
_ Action !
_ Je l'aime et tant qu'elle sera à toi, je ne pourrais l'avoir. Déclara Lee d'emblée. Ma s½ur veut bien m'aider alors je te lance un défi. Si je gagne elle est à moi, si c'est toi...
Il me fixa et je soutins son regard.
_ Prêt ? Lança Tenten.
Je me mis en place mais Sakura ne m'imita pas. Elle paraissait pensive et puis d'un coup, elle éclata.
_ Personne ne se battra pour moi ! Je ne suis à personne et seule gardienne de mon c½ur !
Et puis sans le top de Tenten, elle se lança sur les arbres. Tenten et Lee la suivirent rapidement mais moi je restais planté comme un piquet. Elle m'avait demandé d'agir en fonction d'elle et c'est ce que je faisais. Elle a toujours aimé les tragédies, mais moi je préfère les histoires qui se terminent bien.
₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ -