Chapitre 2 : Le boom du Big-Bang n'est rien comparé aux guerres d'un Apollon et d'une beauté.
Point de vue : SAKURA HARUNO
Comment est-ce que j'ai put être aussi bête ?! Idiote, idiote, idiote ! Et dire que je trouvais que s'était un Apollon ! Pas étonnant, c'est Sasuke ! Quelle abrutie je fais ! Je marchais énervée, les joues en feu parce que s'était la première fois depuis dix ans que nous étions si proches. Sans réfléchir, je me rendis direct au théâtre, là je montais sur la scène et me mis à crier les premières répliques qui me vinrent à l'esprit :
« Ah ! Quelle cruauté, qui tout en un jour tue
Le père par le fer, la fille par la vue !
Ote-moi cet objet, je ne le puis souffrir :
Tu veux que je t'écoute, et tu me fais mourir ! »
Je me sentais comme possédée. Je jouais la violence de Chimène face à l'homme qu'elle aime, j'étais presque en train d'haleter. Je me jetais à genoux faisant les gestes de terreur et de haine, les bras tendus vers ce Rodrigue invisible qui tentait en vain d'expliquer son geste.
Je ne me sentis mieux qu'au bout de quelques minutes, ma rage évacuée, je sortis du théâtre le c½ur plus léger, juste au moment où la sonnerie retentissait. Je me dirigeais vers le stade où nos cours sur les cascades avaient lieu. Hinata m'attendait devant l'entrée. Elle m'accueillie dans un grand sourire et, même si je voyais que des tonnes de questions lui brûlaient les lèvres, elle ne dit rien.
Le stade était grand, immense même, et pourvu d'une tonne de matériel. A la place du terrain de football se tenaient des chênes et des pins affublés de treuils et de câbles. Au sol, il y avait des échelles et du matériel de musculation, sans compter le bruit de la piscine en extérieur un peu plus loin. Sur le terrain se trouvait un professeur et deux élèves d'une classe supérieure. Toute la classe se regroupa devant eux et le professeur se présenta. Il faisait encore plus peur que la directrice, la plupart des élèves étaient d'accord sur ce point là :
_ Bonjour, la jeunesse ! je suis Gaï Maito, votre professeur en ce qui concerne les efforts physiques dans les films ou les pièces. Autrement dit je vous apprends à faire des cascades qui sont très importantes dans le palmarès d'un acteur. Seront présents avec moi, Tenten et Rock Lee.
Le garçon mentionné en dernier était le parfait sosie du professeur, même coupe de cheveux, mêmes vêtements... Quand son nom fut prononcé il s'avança d'un pas et nous salua à la militaire. Beaucoup pouffèrent mais assez discrètement. Quant à la jeune fille, elle était tout ce qu'il y a de plus normale bien qu'un peu effacée. Devant le cirque de son ami, je la vis dodeliner de la tête et soupirer tandis que le professeur souriait encore plus que ce qu'il ne faisait avant. Je me demandais d'ailleurs comment s'était possible.
_ Maintenant que les présentations sont faites nous allons passer aux choses sérieuses. A chaque début de cours, vous irez vous changer dans les vestiaires. Une fois prêts vous me ferez trois tours de stade et quelques étirements et enfin nous commencerons les exercices. Compris ?
Tout le monde opina du chef.
_ Très bien. Déclara Tenten, pour la première fois. Les filles vous venez avec moi et vous les garçons vous suivez Lee.
Personne ne se fit prier et nous suivîmes nos senpaïs sans rechigner. Les vestiaires étaient très grands et composés de grands casiers avec de nombreux bancs et des douches qui ressemblaient plus à une station thermale ! Hinata et moi sourions de toutes nos dents. Tenten nous fit une sorte de petit débriefing et nous raconta quelques anecdotes à propos de Lee et Gaï. C'était très drôle !
Elle est vraiment très gentille et douce. En la voyant ainsi je ne savais pas trop si elle était réellement effacée ou si se n'était qu'une simple façade en présence de beaucoup de monde. Lorsque nous fûmes toutes prêtes, c'est-à-dire : short ou jogging et tee-shirt gris avec des bandes parme, Tenten nous donna un dernier conseil :
_ Si je peux me permettre, ne vous plaignez pas trop en présence du prof et essayez de faire les exercices un maximum. Dans le cas contraire ça risque d'être pire. Mais après tout c'est un juste un conseil, à vous de faire votre expérience.
Elle sourit et nous sortîmes. Sur le terrain il y avait eu quelques changements. La piste était meublée d'obstacles comme des haies ou des poutres et même... des barbelés ! Filles et garçons, qui nous avaient rejoints, nous étions tous consternés. Je regardais Tenten qui me fit un petit sourire gentil et de pitié juste avant de pousser un énième soupire de désespérance. Quant à Gaï et à son mini lui, ils s'avancèrent avec un sourire énorme et nous parlèrent leur pouce levé vers le ciel pour nous encourager.
Mais à ce niveau là c'est plus des encouragements dont on aurait besoin mais de stéroïdes !
_ Voici la surprise de jour : un parcours du combattant. Lee va vous montrer le circuit. Vous partirez par six, garçons et filles mélangés si vous voulez, et vous devrez tout faire en un temps très court. Si un obstacle n'est pas fait correctement ou raté, il est impératif de le refaire. C'est clair ? Bien vas-y Lee, montre leur.
_ Oui ! Regardez, c'est très simple.
Il se dirigea vers la ligne de départ et commença à courir en franchissant les obstacles et nous criant les explications. Le parcours commençait avec des montées de genoux dans des pneus, puis du funambule sur une poutre à un mètre cinquante de hauteur (nous devrons monter dessus par la seule force des bras), ensuite il y avait tout un tas d'ateliers de pompes, d'abdominaux, de tractions... Et enfin la « torture » se terminait par un passage de barbelés en rampant et un sprint en saut de haies. Autrement dit, le prof ne manque d'imagination !
La plupart des personnes autour de moi, et même moi, étions... démoralisés mais le coup critique fut quand Lee termina son tour à peine essoufflé. Gaï nous avait alors dit « ne vous en faites pas, il fait ça dix fois par jour ». Si la totalité de la classe avait pu tomber au sol, de consternation, elle l'aurait fait. Un premier groupe se mit en place et je l'observais attentivement.
Ce dernier n'était composé que de garçons qui ne refirent les exercices pas plus deux fois et encore pas à tous les coups. Plutôt bien ! Un deuxième groupe, un troisième... Prenant mon courage à deux mains, je me présentais pour le quatrième avec Hinata, angoissée au possible. Un coup de sifflet et c'est partit !
Point de vue : SASUKE UCHIHA
A mon grand étonnement, Sakura faisait parti du quatrième groupe. Je la savais garçon manqué mais elle n'aimait pas trop ce genre de « parcours de marines ». Pourtant elle se présentait avec son amie dans une des premières lignes. Intéressant ! Moi qui avais ignoré les précédents, je m'intéressais particulièrement à celui-ci et Naruto me le fit remarquer non sans gêne.
_ C'est parce qu'il y a la fille avec qui tu t'es disputé que tu regardes ? Me demanda-t-il.
_ En parti... répondis-je alors que je la voyais monter sur la poutre avec la grâce d'une ballerine.
_ C'est quoi ce « en parti » ? Tu te fiches de moi ou quoi ? C'est qui, une de tes ex ?
_ Mais qu'est ce qu'elle fait... Murmurais-je.
_ Merci, c'est sympa de se sentir aimé et écouté.
Les plaintes de Naruto me semblèrent très lointaines. J'étais bien trop occupé à regarder les « péripéties « de Sakura. Elle avait réussi à monter sur la poutre sans aide ni problème et pourtant elle était redescendue pour aider son amie qui ne parvenait à se soulever que de quelques centimètres. Tout le monde la regardais avec des : « Elle est folle ou quoi ?! » ; « Le prof va la tuer ». Mais Gaï ne bougeait pas d'un pouce et observait la scène avec un léger sourire sur les lèvres.
Sakura, mis ses mains en cuillère et fit la courte échelle à l'autre jeune fille qui se hissa sur la poutre et poursuivit le parcours. A sa suite, mon « amie » recommença son jeu de la gracieuse ballerine et monta sans anicroche. Son geste occasionna plus d'un commentaire et même de la part de mon colocataire blond.
_ Elle est vraiment bizarre. Mais je comprends toujours pas pourquoi tu t'es disputé avec elle tout à l'heure.
_ Je ne me suis pas disputé avec elle, c'est elle qui a élevé la voix. Et si tu veux tout savoir, va falloir attendre se soir.
_ T'abuses Sasuke ! Bougonna-t-il.
Je me mis à rire devant sa tête d'enfant de quatre ans dont la mère refuse de lui donner un bonbon. Après quelques minutes le groupe de Sakura arriva. La cinquième ligne était en place mais au lieu de donner le départ, il se dirigea vers Sakura qui discutait. Autour de nous le silence s'était fait, chacun attendant de voir la réaction de Gaï. Face à lui, elle afficha un air très humble et baissa la tête.
Contre toutes attentes, le prof posa sa main sur son épaule et lui offrit un (autre) grand sourire en criant :
_ Bravo ! Tu as compris ce que je voulais vous apprendre aujourd'hui !
Tout le monde était largué.
_ L'esprit d'équipe. Ton amie était en difficulté et au lieu de continuer ta route, pour faire un bon score : tu as rebroussé chemin et tu l'as aidé. C'est ça que je voulais voir. Sur un plateau de tournage, cascadeurs et acteurs s'entraident ou se donnent des conseils. Vous n'êtres que des apprentis mais il faut que ça rentre dans vos caboches ! Compris ? Bien on reprend !
La ligne se remit en place et le passage sur le parcours reprit. Avec Naruto, nous décidâmes de passer en derniers et de faire la course. C'était lui qui avait proposé l'idée, j'avais accepté avec en plus un pari. Si je gagne : il range ses affaires et lave la chambre pendant une semaine, si c'est lui : je lui raconte toute la vérité sur Sakura. Autant dire que je jouais gros mais j'étais tellement certain de l'emporter.
Sur la ligne de départ, il ne put s'empêcher de la ramener mais son sourire de crétin s'effaça quand il vit que je piquais un sprint au niveau des haies. Tout le long du circuit, nous avions joué au chat et à la souris : une fois lui devant, une fois moi. Mais Naruto avait accroché son tee-shirt au niveau des barbelés ce qui entraîna une perte de temps suffisante pour que je puisse installer un peu de distance entre nous. Comme prévu, je gagnais et tout le monde vint me féliciter sauf elle, bien sûr. Sakura resta à l'écart et ne cessa de lever les yeux au ciel à chaque remarque superflue. Derrière moi, Naruto était un peu dégoûté mais sur le chemin du retour il ne cessa de me taquiner pour me signifier qu'il ne m'en tenait pas rigueur. Il était bon joueur, c'est déjà ça !
Le déjeuner ne se passa pas tout à fait comme nous l'escomptions. D'abord parce qu'il voulu que nous rejoignions Sakura et sa copine à leur table, ensuite parce que la directrice déclara un événement qui déclencha les foudres féminines. Apparemment, chaque année, l'école organise un bal de la rentrée dans le but de faire connaissance entre les anciens et les nouveaux. Le seul petit problème c'est que c'est un bal et qui dit bal, dit danse et danse, cavalier. Autrement vu, toutes les filles se jetèrent sur les canons de l'école à peine l'équipe de professeurs partie. Et quand je dis canons, il y a bien évidemment moi mais aussi Naruto et bon nombre d'autres garçons. Pauvre de nous !
Ce qui me fit le plus rire dans cette histoire, c'était la crise de jalousie de Sakura. Elle quitta la table sans toucher à son déjeuner et sans avoir prononcé un seul mot. Elle est jalouse, j'en suis sûr... je crois ? Son amie ne la suivit pas. J'en profitais pour lui poser quelques questions, certes je connais Sakura mais en dix ans les gens changent. J'ai changé...
_ Hinata, c'est ça ?
Elle se retourna vers moi, étonnée que je lui parle et opina du chef.
_ Tu connais bien Sakura ?
_ Tout dépend de ce que tu entends par « bien connaître ». Je l'ai rencontrée au théâtre, elle m'a aidé à apprendre les répliques de Macbeth...
_ C'est de Shakespeare, non ? Coupa Naruto, je le regardais férocement. Ok, je la boucle.
_ Enfin, on reste ensemble au déjeuner et pendant les intercours c'est tout. J'ai l'impression qu'elle est d'un naturel solitaire.
Au moins, elle n'a pas changé sur ce point là.
_ Tu connais son numéro de chambre ? Demandais-je.
Naruto me regarda avec de grands yeux, alors qu'Hinata se mettait à rougir à faire pâlir une tomate. Ce ne fut que là que je compris l'ambiguïté de ma question.
_ Oh ! Ce n'est pas pour ce que tu crois. C'est une vieille connaissance et il faut que je lui parle, en privé.
_ Mmh... Je crois que c'est la 77 mais si j'étais toi, je choisirais bien mon heure parce que c'est Karin sa colocataire.
_ Karin, la harpie ?! Coupa de nouveau Naruto.
_ Karin, de la branche Chanteur. Rectifia Hinata. Elle n'est pas si méchante que ça : juste avec ceux qui ont des vues sur... enfin sur ses proies, quoi !
Je vois bien le genre. De toute façon, je suis certain qu'elle ne sera pas là à l'heure à laquelle je vais aller voir Sakura. Les chanteurs ont toujours des répétitions le soir à partir de vingt-et-une heures. En fin de compte, Hinata est très gentille. Un peu trop timide et sainte nitouche à mon goût mais belle et sympa. Naruto et elle continuèrent de parler de tout et de rien. Ce qui m'étonna le plus c'est, qu'une fois de plus, Naruto ne fit aucune remarque par rapport à la popularité de sa famille. Soit il le fait exprès, soit il ne sait rien du monde de strass.
Nous terminâmes de déjeuner et nous rendîmes en salle où les cours normaux avaient lieux. Sakura ne m'adressa pas un seul regard et alla même jusqu'à ignorer les papiers qui volaient dans la classe pour me demander si je souhaitais être le cavalier de telle ou telle fille. Elle est jalouse, hein ?
₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪ -