Nouvelle Fiction : Et... Action ! [ Chapitre 16 ]

Nouvelle Fiction : Et... Action !    [ Chapitre 16 ]
Chapitre 16 : le Festival culturel : retour dans le passé où les sentiments sont toujours là.

Point de vue : SAKURA HARUNO

Je hais Alfred Jarry ! Ce n'est qu'un illuminé qui a crut bon de dépeindre le monde sous un côté absurde, mais c'est... grotesque ! Si on n'étudie pas la pièce en profondeur il est impossible de connaître ou de comprendre les intentions de l'auteur ! Et puis, de toute façon, je n'aime pas l'absurde. Heureusement la scène toucha à sa fin et je pus retirer ce ridicule boa rose qu'on m'avait forcé à porter et qui me grattait le cou affreusement.

Je me changeais en quatrième vitesse et passait une toge blanche qui grattait beaucoup moins et qui était beaucoup plus jolie. Mon duo avec Naruto avait été sympathique à répéter mais celui avec Itachi le fut plus encore. D'autant plus que je jouais Andromaque et que j'avais le rôle. Une partie de mon rêve se réalisait, l'autre concernant Antigone.

Itachi incarnait Pyrrhus et dès que je montais sur scène son expression était celle d'un homme rongé par l'amour, la haine et le pouvoir.

« Tel qu'il est, tous les Grecs demandent qu'il périsse.
Le fils d'Agamemnon vient hâter son supplice.
»

Itachi esquissa un sourire noir et ses yeux suivirent la même expression tandis que je tentais de donner une image à la fois forte et faible de la malheureuse Andromaque. Je me sentais plus à l'aise maintenant que durant la scène précédente avec Naruto. Ce n'était pas une question de partenaire, quoique face à l'ange blond j'étais gênée, mais une question de registre. Le tragique c'est ma tasse de thé, le reste ça ne l'est pas...

Le tout se termina rapidement, j'étais tellement dans mon rôle que j'avais presque oublié où j'étais et avec qui. A la fin, Itachi revint à son expression habituelle et me fit son éternel sourire de grand frère. J'étais, moi aussi, heureuse.

Tandis que l'on changeait les décors pour mon dernier duo avec Deidara, je jetais un regard en biais vers la salle. Gaara le croisa en premier et me fit un petit clin d'½il amical. C'est vrai que je ne lui ai toujours pas expliqué pour ce fameux soir, peut être devrais-je m'excuser mais peut être pas... Si je le faisais il me demanderait certainement des explications, sachant en plus que j'avais raconté des salades à Suigetsu : il ne serait pas dupe. Je ne savais pas quoi faire : je ne voulais rien dire, mais en même temps je me refusais à perdre un ami tel que lui. Même si c'est un ami qui devient un peu trop possessif et dont je redoute la transformation en admirateur baba.

Deidara me rappela à l'ordre, nous nous mîmes en place et les Miles Gloriosus se jouèrent. Ce n'était là qu'une vieille comédie datant de l'antiquité et qui avait vu naître le mythe du soldat fanfaron. Je jouais un garçon, bien sûr c'était pour m'habituer à me travestir et j'étais presque certaine qu'Itachi et Kakashi étaient de mèches. Artotrogus était le valet de Pyrgopolinice, joué par Deidara. Dans cette scène je ridiculisais mon maître un peu trop vaniteux et égoïste.

« Cela n'est rien, par Pollux ! » Clama Deidara en faisant un remake de la pub l'Oréal.

« Rien, par Hercule, au pris de toutes les autres prouesses... »

Je jouais le repenti, le soumis puis me détournais vers le public avec une grimace de lassitude et je levais les yeux au ciel. Je poursuivais ma réplique avec d'autant plus d'entrain quand quelques rires s'échappèrent.

« ... que tu n'as jamais faites. S'il existe un plus effronté menteur, un glorieux plus vain, eh bien, je me vendrai à lui en toute propriété ; sinon, on se paiera une orgie de confiture d'olives. »

Il y eut de nouveaux rires quand je poursuivis mes mimiques, complice avec le public, et c'est presque rayonnante que je terminais la scène. J'avais un feu dans mon c½ur qui brûlait de joie, de tristesse et de satisfaction : c'était le genre d'émotions que je ne ressentais que sur une scène. C'est pour éprouver ce genre de chose que je voulais devenir actrice. A cet instant présent je me sentais plus vivante que jamais et prête à écraser des montagnes.

D'autres élèves passèrent encore et puis on rangea les décors et les costumes. Comme pour les évaluations du premier trimestre, nous avions joué toute la journée. La plupart d'entre nous étaient tellement fatigué que nous dormions presque sur les sièges de velours. Seulement la voix grave et roque d'Asuma résonna et nous ne pûmes sombrer dans de beaux rêves.

_ Bien, le festival culturel est ce week-end. Vous avez répété vos rôles et nous savons que vous êtes prêts. Mais gardez à l'esprit que ce festival est avant tout, fait pour resserrer vos liens dans la troupe et pour que vous compreniez la dimension de cette pièce. Ceux qui jouent la pièce se retrouveront le samedi matin à huit heures dans les coulisses. Les autres qui font les petits spectacles dans les allées commenceront dès que les portes seront ouvertes. C'est clair ?
_ Oui.
Le ch½ur de la classe.
_ Par rapport à vos performances d'aujourd'hui nous sommes très fiers, sauf pour quelques uns.
Je suivais le regard de Kakashi et remarquais qu'il fixait Sasuke. En effet il n'était pas dedans aujourd'hui. Derrière les professeurs, Itachi dodelina de la tête.
_ Mais dans l'ensemble vous avez tous fait des progrès. Bravo !
Des applaudissements suivirent l'affirmation et la classe se dissipa.

Le week-end arriva rapidement. Le vendredi soir, Tsunade-sama avait fait un discours : l'extravagance de ce festival serait assuré par les costumes élisabéthains que nous porterons. En effet, une styliste avez offert au pensionnat une panoplie complète de ce genre de costumes pour chaque élève. On nous les avait distribués et ce matin, le pensionnat semblait se trouver en plein XVe siècle. Même les murs et les couloirs avaient été décorés et il y avait des dizaines de tentes blanches en plein milieu de la cour. Les tableaux de la branche Dessinateur étaient affichés partout et Shikamaru et Saï s'étaient proposés pour faire des caricatures aux personnes qui le souhaiteraient.

En plus des tentes abritant quelques stands de nourritures ou de gadgets et de photos, il y avait une grande estrade surmontée d'instruments et de micros en pagaille. C'était pour le concert de la branche Chanteur. Les décors pour le ballet de la branche Danseur étaient en place dans notre théâtre et demain se seraient les nôtres.

Je retrouvais Hinata devant sa chambre. Sa robe était celle d'une princesse droite et d'un rouge princier. Les manches tombaient juste en dessous des épaules, elle était très cintrée avec une traîne retenue par la main d'Hinata. Si jamais Hinata dansait au bal de ce soir, elle serait semblable à une princesse. Son masque était un masque italien garni de plumes rouges et peint de façon à faire penser qu'il était en or.

En un mot, Hinata était magnifique et j'étais horriblement jalouse. Mon costume à moi était une robe de paysanne fait de tissus de couleurs différentes avec un corset rapiécé et un décolleté qui devait faire paraître mes seins plus gros. Mon masque était aussi italien mais contrairement à mon amie il n'avait ni plumes ni peinture doré, juste une larme grise sur la joue droite. Coup du sort.

Point de vue : SASUKE UCHIHA

S'il y a bien une chose que j'exècre dans les festivals culturels, se sont les extravagances et particulièrement la nôtre. Contrairement à ce qu'on aurait put croire, moi Sasuke : le petit prince des Uchiha, je ne portais pas un apparat de prince mais celui d'un paysan. Mon costume ressemblait à des loques marron, beiges et blanches. J'avais une sorte de pantalon de toile et une chemise trop large avec un col trop ouvert et qui laissait voir une partie de mon torse. Quant à mon masque, il ne cachait que mes yeux et représentait un loup au pelage sombre.

En me voyant comme ça, Naruto explosa de rire et je dus faire un effort considérable pour me retenir de le frapper. Lui, il y avait eu plus de chances que moi : il était déguisé en soldat avec un casque à tomber raide et mort de rire, un demi-masque de renard et une épée en plastique et pas du tout réaliste. Je riais moi aussi et il réagit comme je l'avais fait.

Naruto n'était toujours pas au courant pour mes fiançailles avec sa dulcinée, du moins je le crois. La vérité c'est que par moment il a l'air de le savoir : il est très triste et puis par moment il est fidèle à lui-même avec ses répliques ridicules et ses fautes de syntaxe. C'est si difficile de savoir ce qu'il sait et ce qu'il ressent ! Je ne veux pas que... mon ami souffre. Car, oui, Naruto est MON ami, un ami comme je n'en aie jamais eu.

Quand nous fûmes prêts, nous descendîmes dans la cour et sur le chemin nous croisâmes deux filles. L'une était une princesse, l'autre une roturière aux cheveux roses : Hinata et Sakura. Je m'arrêtais et Naruto m'imita avant de sortir ses phrases dont lui seul avait le secret :

_ Votre Altesse.
La princesse gloussa et l'autre soupira. J'esquissais un sourire.
_ Je suis votre garde pour la journée, permettez que je vous accompagne.
_ Avec plaisir, jeune soldat. Je mets ma vie entre vos mains.
Hinata joua le jeu et après quelques minutes de silence elle rit de plus belle entraînant Naruto avec elle, mais je ne sus si Sakura rit ou non, son visage était entièrement caché contrairement à celui d'Hinata.
_ Vous êtes superbes les garçons. Annonça la princesse Hyuga.
_ Vous aussi. Rétorquais-je.
_ Et puis pour une fois c'est moi qui suis plus beau que Sasuke !
_ Rêve pas crétin !
Et je lui tapais amicalement le dos de la tête.

Puis nous rejoignîmes la cour ensemble et Sakura fut la seule à ne pas prononcer un mot. Pourquoi ? Je n'avais même pas un semblant d'idée. Dehors il y avait déjà beaucoup d'élèves et les professeurs. Les robes volaient dans tous les sens et les capes fouettaient contre les jambes. Il régnait une effervescence jamais vue et d'ici quelques minutes elle serait amplifiée par l'arrivée des visiteurs.

Notre petit groupe marcha lentement dans la première allée et les filles observaient chaque tableau. Je reconnus celui de Juugo mettant en scène deux amants s'embrassant au milieu de la forêt envoûtée de créatures magiques et Sakura s'arrêta devant un qui représentait une princesse avec une flûte dorée, les cheveux agités par un vent irréel. Je me plaçais juste derrière elle et l'observais à mon tour.

_ Tayuya est une princesse. Souffla-t-elle.
_ C'est Tayuya ?
Elle fit oui de la tête.
_ C'est un tableau de Kimimaro. Tu sais, il est extrêmement amoureux d'elle.
Je me sentis un peu gêné qu'elle me dise ça à moi, mais elle avait l'air ailleurs et ne semblait pas réfléchir à l'éventuel impact que pouvaient avoir ses mots.
_ Elle est très belle.
_ Trop belle...

Ses mots étaient à peine audibles et j'en fus d'autant plus surpris. D'un coup elle secoua la tête et rattrapa Naruto et Hinata qui avaient pris de l'avance. C'est vrai Tayuya était très belle sur ce portrait mais ma conscience me criait qu'elle ne serait jamais aussi belle que Sakura.

Vers onze heures, les chanteurs poussèrent leurs premières notes et nous filâmes les observer. D'abord il y eut de simples symphonies allant de la musique classique avec Tayuya et sa flûte, au rock-and-roll avec Ukon, Sakon, Kidoumarou et Jirôbo : deux amis à eux. Les musiciens étaient bons mais j'étais surtout amusé par leurs costumes qui ne collaient pas avec les morceaux. Mais bon c'est de l'extravagance !

Karin chanta une belle chanson romantique et en français qui en émut plus d'un et puis il y eut ce garçon, c'était un total inconnu pour moi mais sa mélodie me perça le c½ur : les paroles surtout. Et pendant que les accords montaient dans les graves ou les aigus, je laissais mon regard se porter jusqu'à Sakura.

[ N.d.a : un petit lien pour la chanson... ]

I'm sorry for your pain.
Je suis désolé pour ta peine.
I'm sorry for your tears
Je suis désolé pour tes larmes.
For all the little things I didn't know
Pour toutes les petites choses que je ne savais pas
I'm sorry for the words I didn't say
Je suis désolé pour les mots que je n'ai pas dit.
I'm sorry for the lies.
Je suis désolé pour les mensonges.
I'm sorry for the fights.
Je suis désolé pour les disputes.
For not showing my love a dozen times.
Pour ne pas avoir montré mon amour des douzaines de fois
I'm sorry for the things that I've called mine.
Je suis désolé pour les choses que j'ai faites miennes.
But what I still do ?
Mais que ferais-je toujours ?
I still loving you.
Je t'aimerai toujours.

A la fin de la chanson, je me sentais tout chose et je ne remarquais même pas que Sakura avait disparu et qu'une mélodie aux accents chauds se jouait. La chanson de ce garçon avait presque décrit ma vie et ce que je ressentais pour Sakura : le fait d'être désolé pour lui avoir fait autant de mal, d'être désolé de ne pas... Je n'avais même pas envie de prononcer ni même de penser ce mot alors je détournais les talons et me dirigeait vers le cercle de badauds tout juste formé.

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# Posté le dimanche 13 septembre 2009 08:18

Modifié le mardi 22 septembre 2009 12:30

Nouvelle Fiction : Et... Action ! [ Chapitre 17 ]

Nouvelle Fiction : Et... Action !  [ Chapitre 17 ]
Chapitre 17 : Danse + Sentiments + Initiaves + Stress = Coktail détonnant.

Point de vue : SAKURA HARUNO

Durant la chanson de ce chanteur, je savais que Sasuke avait dardé son regard sur moi : chaque fois qu'il le faisait, j'avais des frissons qui montaient et descendaient le long de ma colonne vertébrale. Et soudain, sans que je ne voie rien venir, une main m'avait tirée à l'écart et la voix de Suigetsu m'avait demandé de danser avec lui. Quel... En plus il m'avait forcé à retirer mon masque !

Mais de toute façon j'avais prévu le coup et puis Ino avait tenu à m'enseigner le tango en disant que je risquais d'en avoir besoin ce week-end. Elle était de mèche j'en suis sûre. Mais, à dire vrai, je n'avais pas que ça à penser pour l'instant, je tournais et tournais ce qui soulevait ma robe de paysanne. Mon chignon commençait à se défaire et la musique m'habitait petit à petit. Je n'étais plus maîtresse de mes expressions faciales. Chaque fois que Suigetsu me ramenait vers lui et me collait contre son torse, ma main allait caresser sa joue dans des gestes extrêmement sensuels qui ne me ressemblaient pas.

Il m'éloigna une première fois en me faisant tourner et une autre main saisit la mienne : un nouveau cavalier. Ce dernier avait les cheveux aussi sombre que son demi masque et ses lèvres étaient tirés en un sublime sourire que je reconnus pour avoir été celui de Saï la fois où je lui étais rentrée dedans. Il fut à son tour un très bon cavalier. Un moment, je dus descendre au sol maintenue par ses bras et quand il me fit remonter vers lui, un autre prit sa place. Les cheveux roux et en bataille avec cette expression bienveillante et protectrice : Gaara à tous les coups.

Je n'avais plus la notion du temps, je ne savais pas si ce morceau était très long, je ne faisais pas attention aux regards qui me dévoraient de jalousie, de désir ou d'émerveillement. Ma robe continua de tournoyer alors que je partais vers la droite du cercle et un dernier cavalier sortit de la masse. C'était Sasuke. Face à sa silhouette, je m'arrêtais quelques instants en roulant des hanches et en tapant des pieds et, tandis que les notes chaudes et hispaniques repartaient de plus belle, Sasuke rentra dans le cercle. Il me conduisit de manière douce et sauvage à la fois. Quand sa main tenait mon poignet, c'était à peine s'il me touchait mais je sentais son contact plus que tous les autres. C'était comme si un courant électrique ou un parfum enivrant passait entre nous à chaque fois qu'il posait les mains sur moi.

Avec lui, j'avais encore moins conscience des badauds alentours. Et enfin, le tango toucha à sa fin, il me fit s'éloigner de lui en tenant toujours ma main et me fit revenir sauvagement alors que sa main se posait sur le haut de ma cuisse que j'avais relevé sur ses jambes. Je renversais ma tête en arrière, lui offrant ainsi une vue plongeante sur mon décolleté et la relevais lentement dans le silence ambiant. Nos regards ne se lâchèrent pas, je caressais sa joue en tachant de retrouver le contrôle de ma respiration mais en vain. Nous restâmes une longue minute dans cette position : nos lèvres à quelques centimètres l'une de l'autre, nos corps collés et nos yeux se dévorant.

Mais une autre chanson, une valse, commença, et nous nous séparâmes lentement. Malgré ce que j'ai pus penser ou dire, je le fis à regret. C'était comme si après cette danse de quelques minutes tout avait été effacé et rien n'avait d'importance. J'en avais même oublié les fiançailles de Sasuke, la haine que j'avais éprouvée à un moment et puis ce tourbillon de sentiments qui m'habitaient. Pendant ce tango, j'avais été amoureuse de Sasuke.

Des gens commencèrent à virevolter autour de moi et je m'en allais de la place d'un pas rapide. Et en plus je n'avais plus de masque ! Beaucoup s'écartèrent sur mon passage alors que je filais aux toilettes pour me mouiller le visage. J'avais eu si chaud !

Nouveau coup du hasard : j'y retrouvais Karin. Elle se lavait les mains et en me voyant elle afficha un pauvre sourire.

_ Tu m'as vu, pas vrai ? Soupirais-je.
_ J'ai vu une fille envoûtée par ses sentiments.
_ Karin, je suis désolée, je ne... je sais que tu aimes Sasuke et je ne pensais pas que...
_ Tu n'as pas de raisons d'être désolée.
Elle secoua ses mains au dessus du lavabo ce qui fit scintiller les bagues princières qu'elle avait aux doigts. Elle portait un magnifique apparat de reine.
_ Depuis le début j'aurais du voir que c'était un pari perdu. J'en ai discuté avec Suigetsu, tu sais ? Et, même si tu ne te rends pas compte, Sasuke est obnubilé par une seule personne et toi également.
Je ne comprenais rien de ce qu'elle me racontait. Mais je saisissais quand même que Karin n'avait pas l'air si triste que ça, qu'elle était presque en train de compatir à mon sort.
_ Enfin ! je tiens à te préciser que si tu veux pleurer, je suis là et tant que tu n'auras pas remarqué ce sentiment qui vous habite tous les deux, je continuerais de lorgner sur l'Uchiha.
_ Karin.

Impossible d'ajouter quoique se soit car elle sortit. La porte claqua et étouffa les froissements de mon costume alors que je tombais à genoux sur le carrelage froid. Mais qu'est ce qui m'avait pris ? Pourquoi est ce que j'avais été habitée par cette danse et seulement avec Sasuke ? Pourquoi mon c½ur s'était-il emballé ? Et pourquoi avais-je eu ce sentiment d'espoir, cette sensation que mon cavalier me protégerait de tout ?

Soudain, le micro retentit, invitant visiteurs et élèves à se rendre au théâtre pour assister au ballet de Roméo et Juliette donné par la branche Danseur. Je me relevais alors précipitamment et sortais en coup de vent avant de rentrer dans un passant. Quand je vis enfin de qui il s'agissait mon c½ur eut un raté.

_ Sasuke... Ne pus-je m'empêcher de souffler.
_ Sakura...
Nous nous observâmes en silence et puis...
_ Je suis désolé. Dit-il. Je t'ai mis dans un sacré pétrin.
_ Mais...
_ Tu ne comprends pas ! Se mit-il à crier. Les Hyuga ont tout vu, ils croient que toi et moi ont... Et ils veulent te renvoyer pour préserver mes fiançailles.
Je restais interdite.
_ Itachi est en train de tout arranger, ne t'inquiètes pas et je suis désolé, j'aurais du laisser Gaara te...
_ Arrêtes ! Lui intimais-je. Tu es en train de me dire que tu regrettes d'avoir dansé avec moi ?
_ Je...

C'est là que j'aurais aimé que Karin soit là. Je sentais les trémolos remonter le long de ma gorge, mes yeux me piquer et mon c½ur se serrer d'une façon si douloureuse. Sasuke garda le silence et je tournais vivement les talons pour ne pas qu'il me voit dans un tel état. Alors que deux minutes plus tôt je me sentais si bien, là tout de suite j'avais l'impression de m'être autodétruite. J'avais un nouveau poids sur les épaules et la menace de la famille Hyuga sur mon renvoi me passait au dessus de la tête.

Je courrais vers le théâtre en manquant plusieurs fois de me prendre les pieds dans ma robe mais je finis par atteindre les portes. Je rentrais en silence tandis que sur scène Kiba alias Roméo et Ino alias Juliette faisaient un porté d'une magnificence indescriptible et que autour d'eux évoluait une panoplie de danseurs donnant un côté magique à la scène. Un côté magique qui ressemblait beaucoup à celui que j'avais vécu quelques instants plus tôt et qui était, désormais, réduit en cendres.

Point de vue : SASUKE UCHIHA

Elle était partie en courant, me laissant poireauter tout seul devant les toilettes pour dames. J'aurais aimé lui répondre que je ne regrettais pas notre danse, au contraire. Ce que je regrettais c'est qu'elle n'ait eu lieu qu'aujourd'hui alors que tout allait de travers et que j'étais fiancé. Le vent frais d'automne souffla et je laissais mon regard dériver vers les branches jaunies des arbres de la cour. Comme j'aimais cette saison !

Soudain, une main se posa sur mon épaule et je me retournais vivement en m'attendant à n'importe qui sauf à Itachi. Lui aussi avait un costume : celui d'un prince. Il me sourit avec pitié et je soupirais.

_ J'ai tout arrangé avec les Hyuga. M'annonça-t-il en retirant sa main.
_ Merci...
_ Mais ils ont exigés que tes fiançailles soient dévoilées à la fin de la pièce demain.
_ Demain !
_ C'était la seule solution pour éviter le renvoi à Sakura. Tu sais comme ils sont influents, même Tsunade n'aurait rien put faire face à leur demande.
Il laissa un blanc durant lequel j'essayais d'assimiler tous les épisodes.
_ Au moins, tu pourras toujours rester auprès d'elle...
_ Tu crois que ça suffit pour me racheter ?! A cause de moi elle a faillit être virée et le pire c'est que j'ai adoré danser avec elle, comme ça juste nous deux ! J'ai aimé la toucher, la prendre dans mes bras et s'ils n'y avaient pas ces stupides fiançailles, j'aurais même...
_ Tu aurais même quoi ? Tu l'aurais embrassée ? Tu as enfin compris ce que tu éprouves pour elle ?
_ Je ne peux pas...
_ Crétin !

Itachi se mit dos à moi. Je baissais les yeux vers le carrelage et me mordis l'intérieur des joues. Je venais plus ou moins de comprendre sans le vouloir, je venais de comprendre que...j'aimais Sakura. Comment ? Je ne cherchais pas la réponse puisque mes sentiments me dégoûtaient. Je me sentais trop égoïste, trop capricieux et gâte pourri. L'aimer m'était impossible et inexcusable en vue de ce que je lui avais fait subir. Avoir une relation avec elle était inenvisageable avec mes fiançailles, notre passé, nos vies tellement mêlées et pourtant jamais réunies.

_ Le temps joue contre toi. Déclara finalement mon frère. Tu as jusqu'au mois de mars pour profiter de vos moments ensembles. Ne t'en fais pas pour les Hyuga je m'occupe de tout et... tu devrais dire à Hinata de faire de même avec Naruto.
_ Je ne crois pas...
_ Quand vas-tu apprendre à obéir, Sasuke ?
Il tourna sa tête vers moi, et adopta cette expression taquine qu'il avait quand il me chahutait, enfant.
_ Fais ce que je te dis, ne réfléchis pas et n'imagine pas la suite. Profite du moment présent. C'est mon deuxième conseil, j'ai vu que tu avais appliqué le premier. Bravo petit frère !

Dans un élan de compassion fraternelle, il me prit dans ses bras. J'étais surpris, Itachi ne m'avait jamais montré autant d'amour et au bout du compte ce n'était pas si désagréable. Quand il me relâcha, il me fit revenir sur ce que j'avais dit : il m'ébouriffa les cheveux comme si j'avais cinq ans et m'appela « Sasuke chou ». Je crois que je préfère encore le « Sasgay' » de Naruto !

Je m'éloignais à grands pas vers le théâtre mais le temps que j'y arrive, les spectateurs sortaient pour l'entracte. J'entrevoyais Hinata avec Naruto. Il me vit à son tour et vint à ma rencontre d'un pas décidé. Avait-il encore une de ses crises sérieuses ? Il est très lunatique en fait.

_ Euh, Sasuke...
S'il n'y a pas le « Sasgay' » c'est que c'est du sérieux.
_ Je sais que je te prends un peu de cours mais... pour la scène avec Hinata où... où tu l'embrasses, est-ce que tu pourrais... faire semblant ?
Deux choses étaient à dire sur cette déclaration : d'abord Naruto l'avait dite plus lentement qu'un escargot et ensuite, c'était une des remarques qu'il aurait dit sur le ton de la plaisanterie avant, mais là... Se douterait-il de quelque chose ?
_ Naruto... Je ferais semblant ne t'inquiètes pas mais... (je n'arrive pas à croire que je vais dire ça) si c'est parce que tu veux être le premier à l'embrasser, vas-y maintenant.
Il me regarda avec des yeux de poissons rouges.
_ Je veux pas dire tout de suite là, mais fais-le avant qu'on ne joue la pièce.
_ Pourquoi tu me dis ça ?
_ C'est juste un conseil, fais-en ce que tu veux.

Naruto voulut sûrement répondre mais Hinata l'appela pour retourner en salle et il alla la rejoindre. Je les imitais, une fois tout le monde rentré. Sakura était juste au dernier rang, il y avait un siège vide à côté d'elle et j'hésitais à le prendre. Et puis une petite voix dans ma tête, qui ressemblait beaucoup à celle d'Itachi, me souffla que je devais le faire. Je lui obéis ou plutôt je m'obéis à moi-même et prenais place sous le regard médusé de ma voisine.

Mais même si nous étions proches l'un de l'autre, même si je pouvais me pencher pour lui murmurer à l'oreille, je ne fis rien. J'attendis le levé de rideau et regardais le ballet sans un mot et sans éprouver quoique se soit. C'était ainsi et ça le restât jusqu'au lendemain matin.

Nous nous retrouvâmes dans les coulisses, tous en costumes exceptée Sakura. Deux minutes avant le levée de rideau, elle avait courut jusqu'à Hinata et Kurenaï en brandissant une bande de tissu blanche. Les deux femmes avaient rigolés et puis elles étaient parties avec elle. Pendant ce temps là les autres acteurs se préparaient.

Et puis, alors que je faisais les cents pas entre le rideau et la sortie vers les vestiaires, j'aperçus Naruto. Il était seul dans son coin, le visage rivé vers son exemplaire de Roméo et Juliette, les cheveux tombant sur ses yeux ce qui m'empêchait de distinguer son humeur. L'épée factice qui tombait sur son flanc gauche provoqua une petite étincelle quand il bougea légèrement et je vis que ses mains tremblaient un peu. Avait-il le trac ? Entant que colocataire (ami) j'allais lui demander si tout allait bien.

_ Alors, prêt pour ton heure de gloire ? M'exclamais-je sur un ton que je voulais enjoué.
_ Tybalt n'est pas un beau rôle. Me dit-il.
_ Qu'est ce que tu racontes ? Bien sûr que si, même si c'est un méchant beaucoup de gens l'adorent ! D'accord il a tué Mercutio et il cherche des poux dans la tête de Roméo mais il y a des filles qui aiment bien les « bad boys ».
Naruto soupira, d'un de ces soupirs qui font naître de la pitié. Il ferma son livre bruyamment et daigna enfin lever les yeux sur moi. Ses iris n'exprimaient qu'amertume, tristesse et peine.
_ J'ai fait ce que tu m'as dit, Sasuke.
_ Tu as...
_ Je l'ai embrassé, oui.
_ Et...

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# Posté le dimanche 20 septembre 2009 11:27

Modifié le lundi 12 octobre 2009 10:56

Nouvelle Fiction : Et... Action ! [ Chapitre 18 ]

Nouvelle Fiction : Et... Action !  [ Chapitre 18 ]
Chapitre 18 : Quand Tybalt aime Juliette et Roméo, Mercutio : Shakespeare a de quoi revenir des morts !

Point de vue : SAKURA HARUNO

On aurait put croire que ce matin, j'étais triste et déprimée suite à la menace de mon renvoi par les Hyuga, à mon rêve dansé réduit en cendres suite aux paroles de Sasuke et au fait que je ne jouais pas Juliette ni même une femme mais Mercutio. Mais non ! Je ne ressentais rien de tout ça, parce que je n'éprouvais que douleur.

Kurenaï et Hinata étaient en train de me rendre plus plate que je ne l'étais et ce n'est pas compliqué vu mon bonnet A. je vous laisse donc imaginer la douleur de celle qui font un bonnet D : insupportable ! Elles passèrent une nouvelle fois la bande par-dessus ma poitrine et la serrèrent tellement fort que je crus qu'elles m'avaient coupé la respiration. Je retenais par la même occasion un cri de douleur inhumain.

_ Ça va aller Sakura ?
_ Je crois que j'ai plus de poitrine... Soufflais-je.
Kurenaï rit aux éclats et si ça n'avait pas été mon professeur je crois que je lui aurais sauté dessus.
_ Dis-toi que tu es une des seules femmes à faire ça. Que tu as beaucoup de courage et de cran. Me réconforta-t-elle. Aujourd'hui, les femmes sont de moins en moins nombreuses à se travestir pour des pièces, les hommes c'est plus facile pour eux, bien sûr mais... Et puis on pourra juger ton talent sur des performances à la fois féminines et masculines ! C'est un plus.
Puis elle avisa Hinata et se rattrapa aussitôt.
_ Non pas que des performances uniquement féminines soient un moins. Beaucoup de femmes ont fait succès sur...
_ Je ne l'ai pas mal prit senseï. Sourit Hinata.
Mais sa grimace était fausse, je le remarquais de suite et jurais, une fois Kurenaï partie, de lui passer un interrogatoire. Justement, le professeur passa une dernière fois la bande et la noua dans mon dos.
_ Voilà, je vous laisse terminer les filles. On doit avoir besoin de moi derrière le rideau.
_ Merci. Répliquais-je même si je n'en avais pas envie.

Si Itachi est à la cause de mon travestissement comme le dit la rumeur, je vais l'étrangler. Et je pense que Sasuke sera de la partie. Et dans la foulée je m'occuperais de Suigetsu et d'Ino. Oui, ça va être un massacre ! Alors que des fantasmes de tueries barbares m'envahissaient, Hinata se laissa tomber sur une chaise. Les innombrables plis de sa robe se soulevèrent légèrement et donnèrent à la pièce un côté tamisé. Les lumières des spots se réverbéraient sur les strass de sa parure et le bleu myosotis de la mousseline. Hinata était tout simplement divine ! Seulement son visage ne collait pas à la scène.

Mais je ne pouvais lui demander aisément de sourire. Moi aussi j'avais fait plusieurs fois cette mine-là lorsque j'avais des problèmes de « relations ». Et Hinata ne m'avait jamais demandé de faire semblant, non, elle restait juste près de moi : présence silencieuse et néanmoins réconfortante. Au bout de presque six mois passés en sa compagnie, je ne savais presque rien de sa vie personnelle, à part ce qu'on lisait dans les magasines. Son père avait soit disant, orchestré l'assassinat de son frère et oncle d'Hinata. Hyuga Hizashi était mort chez lui, en pleine nuit, dans une marre de sang avec une balle dans la tête. Mais Hiashi : le père d'Hinata, avait toujours plaidé non coupable et les investigations de la police n'avaient permis de trouver aucun suspect. L'homme avait donc été disculpé au grand dam de Neji, le cousin d'Hinata et fils d'Hizashi.

Puis Hinata avait grandit en lisant les pièces de Shakespeare et en s'imaginant en super actrice. Elle avait intégrée cette école contre l'avis de sa famille puisque Neji y était mais elle était déterminée. Ce fut la seule fois où elle s'opposa à son géniteur. Par la suite elle tourna un spot de publicité et son père décida de la fiancer à Sasuke Uchiha, jeune célèbre lui aussi. L'union de leurs deux familles ferait ainsi se cumuler les fortunes respectives et la création d'un empire Hyuga-Uchiha, régissant le business people avait été envisagé. Toute cette mascarade dans le seul but de faire des bénéfices et de gagner beaucoup, beaucoup d'argent. Mon dieu comme le monde est fourbe et cupide !

C'était à peu près tout ce que je savais d'elle. Et, franchement, je m'en voulais un peu. Une amie ne peut être une amie si elle ne sait rien de l'autre. Hormis pour son béguin de lycéenne, je ne savais rien d'Hinata. J'enfilais mon pantalon de toile (masculin) et ma chemise bouffante et blanche (masculine) avant de me décider à dire quelque chose.

_ Il y a quelque chose dont tu voudrais me parler ?
Je ne suis pas très habile pour meubler le silence.
_ Non... Je ne veux pas t'embêter. Chuchota-t-elle.
_ Trop tard, tu l'as déjà fait en aidant Kurenaï à me mettre ce truc.
Je souriais en pointant ma poitrine du doigt et la princesse des Hyuga me répondit tristement.
_ En fait, Naruto est venu me voir hier soir. Je restais interdite. Au début on a parlé sur le pallier de ma porte et puis d'un coup l'atmosphère est devenue suffocante. On était gêné tous les deux, et tu sais que... Enfin je suis très timide surtout avec Naruto et avec les fiançailles en vue je l'étais encore plus. Mais... Il m'a dit qu'il était déçu de ne pas pouvoir jouer Roméo, qu'il aurait bien aimé être mon partenaire et... et puis il m'a embrassé.
_ Il a QUOI ?!
Naruto espèce de crétin, tu n'aurais pas du ! Je fulminais mais j'espérais qu'il n'avait pas tout fait capoter.
_ Il m'a embrassé, sur la bouche...
_ Et toi tu as...
_ Je suis partie en courant et je lui claqué la porte au nez.
_ Tu as QUOI ?!
_ Sakura ne me fais pas répéter. Me supplia-t-elle.

J'étais tellement ébahie que ma bouche touchait presque le sol et mes mains essayaient d'enfiler ma botte cavalière gauche à mon pied droit. Je me ressaisis rapidement et remarquais qu'Hinata tripotait nerveusement sa robe, une mèche brune tomba dessous sa perruque blonde et j'abandonnais ma chaussure pour m'agenouiller à côté d'elle. Plus près, je compris qu'elle pleurait : ses larmes tombaient sur sa robe et roulaient lentement sur ses joues fardées. D'un coup elle eut un hockey et son poing se serra. Doucement je le prenais au creux de ma paume et attendis, silencieuse, qu'elle se calme.

_ J'ai tout gâché, hein, Sakura ? Il ne voudra plus me parler après ça ? Et si je m'étais opposée à mon père, je n'aurais peut être pas...
_ Avec des si, on pourrait mettre Paris en bouteille. Murmurais-je. Ecoute, je ne sais pas ce que tu aurais fait s'il n'y avait pas ses fiançailles mais ce que je sais, c'est que si Naruto t'aime comme il en donne l'impression, il ne t'en voudra pas pour ça. Au contraire si tu reviens vers lui petit à petit, je crois qu'il pourra même...
_ Mais tu ne comprends pas, nos fiançailles vont être annoncées à la fin de la pièce. Je n'ai pas mis Naruto au courant de la situation et il va prendre ça comme une trahison ! C'est fichu Sakura !

D'ordinaire je suis optimiste, bien que souvent en pleurs mais sur ce coup-là, c'est vrai que nous sommes dans un beau pétrin !

Point de vue : SASUKE UCHIHA.

Je n'eus malheureusement pas le temps de m'attarder sur le problème (énorme problème) de Naruto. Kakashi et Asuma étaient en train de précipiter tout le monde pour que nous nous mettions en place. A la sortie des coulisses, je vis Konan : la Nourrice, Sasori : Escalus, Gaara : Pâris, Deidara : le frère Laurent et mon frère qui jouait Benvolio. Nous étions tous là sauf Sakura et Hinata. Ces dernières arrivèrent essoufflées et les joues toutes rouges. La princesse des Hyuga ressemblait vraiment à une princesse et je ne doutais pas que cette vision de beauté ne tourmentait pas Naruto. Quant à Sakura, c'est à peine si je la reconnus avec sa perruque brune et son costume. Elle faisant vraiment garçon : un garçon un peu androgyne mais quand même...

_ Sakura ? tu es... Commença Gaara.
_ Le premier qui dit quelque chose à propos de ÇA, il se prend mon poing dans la figure, c'est clair ? Menaça-t-elle, puis elle tourna son regard vers mon frère. Et ça vaut particulièrement pour toi Itachi.
Mon aîné se contenta de sourire : ses réactions m'échappaient vraiment, des fois.
_ Tout le monde est là ? Demandèrent les senseïs. Bien alors : levé de rideau.

Et comme dans Ali Baba, le rideau pailleté se leva sur une salle noire. Un projecteur éclaira les décors et les premiers acteurs se mirent à jouer. D'emblée, je me sentis emporté dans le tourbillon violent du spectacle et je devins hystérique. D'une de ces hystéries qui affiche un sourire niais sur votre visage et qui vous fait glousser sans raison.

Après quelques répliques, Itachi arriva rapidement sur les planches en brandissant son épée dans le but de séparer Montaigu et Capulet, puis Naruto le rejoint. Toutes traces de peine avaient disparues pour laisser place à la haine de Tybalt. En le voyant jouer ainsi, on ne pouvait se douter que sa vie personnelle devenait un vrai champ de mines.

Puis ce fut Sasori, en grand moralisateur, qui arriva et essaya de calmer le conflit naissant. Je jetais un coup d'½il vers la salle : le public semblait déjà être dans l'illusion. Et enfin, lady Montaigu et son mari sortirent tandis que moi je faisais mon entrée.

« Bonne matinée, cousin ! » S'exclama Itachi-Benvolio en mimant un sourire enjoué et affable.

« Le jour est-il si jeune encore ? » Demandais-je avec la même mimique.

« Neuf heures viennent de sonner. »

« Oh ! Que les heures tristes semblent longues ! »

A cet instant, je tentais de me donner une consistance nostalgique et puis je poursuivais mes tirades jusqu'à la fin de ma scène et sortis avec Itachi. Les scènes défilèrent les unes après les autres voyant l'entrée de Gaara puis celle de Konan et celle d'Hinata. Ce fut son entrée à elle qui fit frémir la foule tant sa beauté et sa prestance, coupaient le souffle.

Enfin, la scène 3 arriva et j'exécutais mon premier duo avec Sakura. Je n'aurais su dire si le spectateur avait deviné son sexe mais pour son jeu, on ne pouvait guère faire mieux.

« Qu'on me donne une torche ! Je ne suis pas en train pour gambader ! Sombre comme je suis, je veux porter la lumière. » Annonçais-je avec de grands gestes.

« Ah ! mon doux Roméo, nous voulions que vous dansiez. »

Le Mercutio que nous jouait Sakura avait un côté espiègle qui ne déplaisait pas. Elle passa dans mon dos avant de poser son bras par-dessus mes épaules de manière décontractée et nonchalante. Son sourire était très taquin.

« Non, croyez-moi : vous avez tous la chaussure de bal et le talon léger : moi, j'ai une âme de plomb qui me cloue au sol et m'ôte le talent de remuer. »

« Vous êtes amoureux ; empruntez à Cupidon ses ailes, et vous dépasserez dans votre vol notre vulgaire essor. »

Elle se détacha de moi et fit le tour de la scène sans jamais montrer son dos au public. Elle faisait de grand gestes, sautait, courait, cabriolait. Un peu plus et je perdais le fil de la pièce pour me préoccuper uniquement de sa prestation. A ce niveau là, je ne pensais plus que Sakura avait du talent, non : elle avait un don.

La scène du balcon arriva. Même si pour les évaluations, Hinata et moi avions été médiocres, cette fois-ci nous fûmes splendides. Il est vrai que nous avons beaucoup répété, parfois même après dîner et tôt le matin mais... On ne se joue pas de Shakespeare, on le joue !

Puis il y eut l'entracte à la fin de l'Acte II et tous les acteurs étaient encore plus enjoués à la reprise. L'acte III démarra sur les chapeaux de roues avec Itachi et Sakura d'abord, qui faisaient très complices, puis Sakura et Naruto qui ressemblaient à deux fauves se battant pour un morceau de viande.

« Mercutio, tu es de concert avec Roméo... » Cracha presque Naruto tant Mercutio lui inspirait le dégoût.

« De concert ! Comment ! Nous prends-tu pour des ménestrels ? Si tu fais de nous des ménestrels, prépare toi à n'entendre que désaccords. (Mettant la main sur son épée). Voici mon archet ; voici qui vous fera danser Sangdieu de concert ! » Répondit Sakura.

J'arrivais ensuite en tentant de séparer mon ami et mon ancien ennemi. J'étais vraiment dans mon rôle, concentré, jusqu'à ce que la réplique de Mercutio me fasse perdre pied.

« Ô froide, déshonorante, ignoble soumission ! »

La grimace de dégoût, de trahison et de haine qu'elle afficha semblait si vraie, que je crus vraiment qu'elle me l'adressait. Heureusement je ne répondais pas aussitôt après et les quelques répliques intercalées me permirent de reprendre mes esprits. J'espérais seulement que mon absence ne fut pas trop remarquée. Puis Mercutio fut mortellement blessé et avant de mourir Sakura répéta plusieurs fois :

« Ce n'est qu'une égratignure, une égratignure... ».

Elle avait l'air de tellement souffrir que je me surpris à vouloir l'aider et la protéger. Je me fis rire tout seul : était-elle consciente qu'elle avait un tel impact sur les gens ? Certainement pas, mais les faits étaient là et la petite Sakura Haruno éblouissait tout le monde.

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# Posté le samedi 26 septembre 2009 10:52

Modifié le vendredi 09 octobre 2009 12:54

Nouvelle Fiction: Et... Action ! [ Chapitre 19 ]

Nouvelle Fiction: Et... Action !  [ Chapitre 19 ]
Chapitre 19: Entre larmes et secrets, une mise au point s'impose : de toute urgence !

Point de vue : SAKURA HARUNO

J'étais enfin morte ! Pas moi, mais Mercutio et je pouvais enfin souffler un peu avant de revenir sur scène pour saluer le public avec les autres. Jouer avait été un pur plaisir, un mélange d'euphorie et d'hystérie assez troublant et qui me rendait plus en extase que n'importe quelle dose de cocaïne. Sur scène, j'avais eu l'occasion d'apercevoir certains de mes amis et puis, à mon grand désespoir et à ma grande joie, ma famille. Il y avait ma mère et mon père et bien sûr ma petite s½ur Moegi. C'était une virtuose du piano, une sorte de Beethoven moderne qui faisait des tournées internationales emportant nos parents avec elle.

Durant les vacances, par exemple, elle avait été en Amérique, en Australie en passant par la France et la Russie. C'était pour ça que je n'avais pu quitter le pensionnat. Mais les voir au festival culturel alors que je ne les avais pas prévenus était surprenant. J'aimais mes parents, pas de doute la dessus, mais en grandissant et à force d'être éloignée d'eux, j'en étais presque à les considérer comme des connaissances avec qui j'avais passé une partie de ma vie. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, je ne haïssais pas ma petite s½ur pour en être la cause, je ne lui en tenais pas rigueur même si parfois il me semblait être la cinquième roue du carrosse.

Sasuke ne connaissait pas ma s½ur, ni même son existence. Quant à Itachi, je ne savais rien du tout. Peu de temps après, Naruto me rejoignit derrière les rideaux et s'empressa d'avaler sa bouteille d'eau comme un trou. Il avait parfaitement bien joué, un Tybalt inédit et que j'adorais. Je n'avais put m'empêcher de le regarder, dans un premier temps à cause de son jeu fabuleux, mais aussi parce que j'étais au courant de sa honte. Je ne pouvais m'empêcher d'éprouver un peu de pitié et de tristesse pour Naruto. Si la nature m'avait permis de posséder le don d'empathie, je l'aurais utilisé sans hésiter. Que pouvais-je faire pour soulager la souffrance de mon ami ? Rien pour l'instant. C'est pourquoi je me contentais d'attendre la dernière scène : celle du baiser.

En effet, les professeurs avaient un peu revu la mise en scène et décidés de ne mettre qu'un seul baiser qui aurait lieu dans le tombeau, juste avant que Sasuke ne se poignarde. Sur scène, Hinata était allongée sur une table recouverte d'un drap blanc. Sa perruque blonde ondulait sur le tissus et tombait en une cascade dorée m'éblouissant. Elle était d'une beauté intemporelle et figée. Roméo s'approcha doucement de Juliette, il se pencha gracieusement sur son corps et baissa la tête lentement vers ses lèvres de roses. Les secondes me paraissaient être des heures. A chaque centimètre de plus, mon c½ur augmentait ses pulsations. Etrangement j'étais curieuse et inquiète. Quelque chose que je ne m'expliquais pas.

Cependant le public ne vit aucun baiser et il n'y en eut aucun. L'Apollon avait glissé sa main sur la joue de porcelaine d'Hinata pour dissimuler leurs lèvres et des coulisses, je pus voir que leurs lèvres ne se touchaient pas, bien qu'elles soient très proches. Il n'y eut aucun contact hormis celui de sa main sur sa joue. Je soupirais.

_ Merci, Sasuke... Chuchota Naruto.
_ Naruto ?
_ Il fait le dur mais en fait, c'est un c½ur sensible. Je sais qu'il n'a jamais voulut me blesser, ni Hinata mais c'est comme ça. Je ne suis qu'un roturier et eux, ils sont des nobles...
Il arborait un visage si meurtri que je ne trouvais rien à répondre. Il poursuivit son tragique monologue. Et je ne fis un commentaire qu'à la fin.
_ Tu étais au courant, pas vrai ? Il opina du chef. Depuis combien de temps ?
_ Hier. J'avais juste des soupçons mais quand Sasuke me conseilla d'embrasser Hinata avant la pièce et que, lorsque je le fis, Juliette détala, je compris. Ils sont fiancés, pas vrai ?
_ Je suis désolée, Naruto. On ne savait pas si on devait t'en parler ou pas et puis on avait peur que tu ne...
_ Je ne l'ai pas mal pris, ne t'inquiètes pas. Si je ne faisais pas l'idiot tout le temps vous me prendriez peut être plus au sérieux ? Quoiqu'il en soi, ne t'en fais pas, Sakura : je ne t'en veux pas.

Ses mots sonnèrent faux. Même si j'avais toutes les raisons de le croire, je ne le pouvais pas. Entre la pénombre des coulisses et la lumière de la scène, je vis les yeux de Naruto briller. S'il pleurait ce n'était là que des larmes justifiées et innocentes d'une pauvre victime qui n'avait rien demandé.

Soudain on me tira le bras et me traîna jusque sous les projecteurs. Toute la troupe se mit en ligne, face au public et nous saluâmes sous des applaudissements effrénés. Naruto était à ma droite et à ma gauche il y avait Gaara. Ce dernier me fit un sourire éblouissant auquel j'aurais bien répondu si la détresse de Naruto ne me paralysait pas. Peut être l'avais-je finalement, ce don d'empathie...

Puis, au moment où nous allions partir, une ombre imposante se glissa sur scène et instaura un silence de respect craintif. Hiashi Hyuga ressemblait à un faucheur de la mort dans son costume noir impeccable et sans plis.

Kakashi lui tendit un micro et après quelques secondes l'homme se présenta cependant qu'Itachi se rapprochait de lui :

_ Mesdames et Messieurs, bonjour ! Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Hiashi Hyuga et la jeune fille jouant Juliette est ma fille : Hinata. La concernée fit un pas en avant et s'inclina. La raison de cette interruption n'est pas en rapport avec sa prestation mais avec son avenir. Je sais que parmi vous, doivent sûrement se trouver quelques journalistes et je demande à ceci de répéter mes révélations mot pour mot. Sur une décision commune et dans le but de créer un empire cinématographique unique, les Hyuga et les Uchiha ont décidé d'unir en un mariage leurs deux descendants. Il s'agit de ma fille Hinata et de Sasuke Uchiha, le petit frère d'Itachi, célèbre acteur que vous devez tous connaître.

La dernière syllabe à peine prononcée, un capharnaüm audio s'éleva de la salle. Certaines personnes allèrent même jusqu'à se lever. Il y avait un mélange d'indignation et de commérages insupportables. Les professeurs nous firent retourner en coulisses ainsi qu'Hinata et Sasuke. Les deux avaient quitté la scène la tête haute mais une fois à l'abri des regards, Sasuke s'était autorisé un excès de rage et Hinata des pleurs.

J'allais vers mon amie et l'entourais de mes bras pour la réconforter. Sasuke lâcha des dizaines de centaines d'insultes qui ne m'est pas permis de lister mais ceci l'occupa bien dix minutes.

_ Je suis... désolée... Sasuke. Tout ça c'est ma faute, j'aurai dut être plus forte et... Pardon !
Elle enfonça sa tête contre ma poitrine et je baissais ma tête sur sa perruque.
_ Tu n'y es pour rien, Hinata. Ni toi, ni Sasuke. Nos regards se croisèrent. Aucun de vous deux ne voulait cela. Pour l'instant vous n'êtes pas d'accord et en colère mais avec le temps vous vous y habituerez et puis, vois les choses de façon positives : c'est mieux d'épouser Sasuke, qui est ton ami, qu'un idiot de dix ans plus vieux que toi avec un Q.I de bulot !
Ma blague n'eut aucun effet à part de redoubler les sanglots d'Hinata et de faire baisser la tête à Sasuke.
_ Naruto doit me haïr...
_ Non ! M'écriais-je. Il n'en veut à aucun de nous : il était au courant, il savait depuis le début. Il s'est fait une raison comme...

Point de vue : SASUKE UCHIHA

Comme quoi ? Comme qui ? Pourquoi ne termine-t-elle pas sa phrase ? Malgré ma rage et ma haine, j'étais suspendu à ses lèvres en attendant qu'elle daigne en finir mais rien ne se passa. Elle continua de réconforter Hinata et je laissais vagabonder mon regard. Gaara me lança des éclairs, les autres acteurs osaient à peine lever les yeux vers moi et les professeurs affichaient des mines d'impuissance. Les membres de l'Akatsuki, cependant, me firent quelques gestes de soutien que j'acceptais volontiers avant de me rendre compte qu'il manquait à l'appel. Naruto était absent.

Je ne fis ni une, ni deux et me mettais à sa recherche. Je commençais par la cours en semant quelques paparazzis et célébrités refaites. Puis je passais dans les cuisines mais Teuchi me dit que son mangeur favori n'était pas passé. Il n'était pas à la chambre non plus, ni sur le terrain de sport. J'avais fait les moindres recoins de l'école avant de me souvenir de ça : « C'est le pervers de la maintenance.»

La concierge ! La suite du concierge, son père : Naruto ne pouvait plus être que là-bas. Et en effet il y était. Lorsque je toquais, une chevelure blanche comme la neige m'ouvrit et deux yeux vicieux me scrutèrent avec insistance et curiosité.

_ Oui ?
_ Vous êtes Jyralia-senseï ?
_ Le concierge, pourquoi ?
_ Votre fils... Haletais-je. Il faudrait que je parle à Naruto...
_ Il n'est pas là, repa...
_ Papa, laisse-le s'il te plait.

Jyralia m'ouvrit un peu plus la porte et je rentrais dans sa suite. Elle n'avait rien à voir avec l'idée que je me faisais de la maison d'un concierge. Dans un petit coin à droite, il y avait une armoire de laquelle dépassait une serpillière : certainement l'entrepôt de ses outils de travail, puis dans celui de gauche il y avait une commode en ébène avec un vase vide sur le dessus et un cendrier servant de fourre-tout. Le reste de la pièce était meublé avec des chaises en paille, une petite table ronde, des tableaux représentant des bateaux par-ci par-là et tout au fond un bureau sur lequel trônaient un classeur et des manuscrits d'éditeurs.

Naruto était au milieu de tout ça, assis en tailleur au milieu de la pièce et en train de jouer avec un chiot jappant de joie. Je m'approchais de lui sans un mot et laissait une distance respectable entre nous. Lorsque j'ouvris la bouche, il me coupa :

_ Pas la peine de spéculer. Toi et moi on sait très bien ce qui c'est passé et ce qui va se passer alors restons en là et faisons comme si de rien n'était.
_ Tu veux faire semblant ? Demandais-je complètement à l'ouest.
_ C'est ce que nous faisons tous les jours je te rappelle... Hinata et toi étiez destinés et ce n'est pas moi, le pauvre de l'histoire qui vais tout changer, je...
_ Ferme ta grande bouche de crétin et laisse-moi parler pour une fois ! M'époumonais-je. Je ne suis pas venu ici pour te présenter mes excuses mais pour t'apporter mon soutien et pour te dire que, tant que, le mariage n'est pas célébré Hinata et moi n'agirons pas en couple. Je sais très bien que tu te fiches des commérages et moi aussi alors les rumeurs qui circuleront, et il y en aura des tonnes, nous les ignorerons. Quant aux Hyuga, Itachi s'en occupe : c'est à ça que serve les grands frères ! Alors tu vas me faire le plaisir de lever ton cul de ce parquet grinçant et de venir avec moi au festival. Sakura est toute seule en train de réconforter Hinata et d'ici deux minutes elle sera trempée de la tête aux pieds.

Je n'arrivais pas à croire que je venais de dire ça. C'est fou comme l'adrénaline fait de l'effet. Désormais je me sentais mieux, j'avais libéré tout ce que j'avais sur le c½ur et il ne me restait plus qu'un sentiment de soulagement et de paix. Cependant Naruto, ne bougea pas. Je me mettais alors à sa hauteur et le secouais avant que cette andouille ne me fasse passer par-dessus lui et m'étale sur le plancher comme une vulgaire crêpe.

_ Akamaru attaque !
_ Atta... quoi ?!
Une langue rêche se mit à me lécher la joue avec insistance pendant que Naruto me chahutait. Je ne savais pas où était son père mais à entendre les éclats de rires rauques, il devait bien se fendre la poire.
_ Ok, c'est bon je me rends !
Les léchouilles cessèrent et Naruto s'allongea à plat dos à côté de moi.
_ Tu ne m'avais jamais engueulé de cette façon là...
_ Il y a un début à tout. Expliquais-je en me relevant. Surtout quand on est blond comme toi !
_ N'importe quoi !
Le chien se mit à aboyer.
_ Depuis quand tu as un chien, toi ?
_ Ce n'est pas le mien : c'est celui de Kiba Inuzuka, un danseur. Il s'appelle Akamaru. La famille Inuzuka gère un cirque et quand ils ne sont pas là, ils laissent Akamaru à Kiba pour qu'il ne se sente pas trop seul. Mais comme les animaux sont interdits...
_ Il a un copain, Akamaru ? Demandais-je en devenant un petit démon.
_ Non, pourquoi ?
Naruto semblait penser que je devenais cinglé.
_ Parce que je connais un pauvre matou noir et grincheux qui meurt d'envie d'avoir un mignon petit chiot mangeur de chat pour ami.

Naruto se plia en deux. Je souris et m'imaginais en même temps la tête d'Itachi en voyant Sharingan complètement épilé et mort de peur. Le pied ! Cette bestiole m'en faisait voir des vertes et des pas mûres depuis que j'étais tout petit. Je ne sais pas qui est l'idiot qui a dit qu'une présence animale aidait et sécurisait l'enfant pendant sa jeunesse, mais si je le croise un jour : je lui fais rencontrer un tigre du Bengale affamé.

Le problème en surface résolu, je sortais avec Naruto et retournais vagabonder parmi les stands. Mais à peine eut-on fait quelques pas dehors que les échos d'une dispute retentirent. En allant vers celle-ci comme des vautours sur une carcasse, j'appris que les personnes en cause étaient Shikamaru Nara et Hidan de l'Akatsuki. De tous les membres de cette troupe, c'était bien lui que je détestais le plus. Il avait un je ne sais quoi dans son attitude qui le rendait exécrable. D'après Itachi, seul Kakuzu pouvait avoir un semblant de contrôle sur lui. Comme Konan avec Pein ou mon frère avec Kisame qui s'avère être l'oncle de Suigetsu. J'aurais au moins une possibilité de chantage avec cet abruti.

Cependant et bien que les disputes ne soient pas mon centre d'intérêt, je dus m'intéresser à celle-ci puisque cette idiote s'y était mêlé. Un vrai aimant à problèmes, je vous jure ! Pourquoi ressentait-elle toujours le besoin d'aider les autres ou de se mêler de leurs affaires, hein ? C'est pourtant pas difficile d'observer de loin et d'agir que si nécessaire. Mais non ! Sakura, elle, devait être partout et aider n'importe qui comme la Wonder Woman des temps modernes !

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# Posté le vendredi 09 octobre 2009 13:31

Modifié le samedi 17 octobre 2009 12:40

Nouvelle Fiction : Et... Action ! [ Chapitre 20 ]

Nouvelle Fiction : Et... Action !   [ Chapitre 20 ]
Chapitre 20 : Fanatique VS Génie. Egoïsme VS Devoir. Espoir et confusion...

Point de vue : SAKURA HARUNO

Je sais ! Je sais ! Je suis une idiote et on ne peut rien y faire.... Il est normal que j'aide Shikamaru vu que j'ai une dette envers lui. En fait je me suis jointe à la dispute par un pur hasard. J'avais décidé de laisser Hinata un peu seule pour qu'elle puisse se calmer et j'avais vagabondé entre les stands. C'est alors que Saï m'avait interpellé pour faire mon portrait à la façon de Juliette Capulet et j'avas atterrie au milieu des foudres Hidan et des éclairs Shikamaru.

Au fil des insultes et des sarcasmes, j'avais finit par apprendre que Hidan et Shikamaru étaient des rivaux. Mais alors que Shikamaru se contentait de se taire, Hidan, lui, l'attaquait à tout va. En voyant son dessin il s'était exclamé que c'était n'importe quoi, un gribouillis de bébés, des fioritures... Shikamaru n'avait pas supporté et BOOM ! Le deuxième champignon nucléaire de ces deux derniers siècles !

_ Espèce d'amateur, petit merdeux prétentieux sans aucun talent !
_ Hidan, ça suffit maintenant ! Lui ordonna Shikamaru.
_ Lopette, t'es même pas foutu de me répondre !
Hidan afficha un sourire narquois et mesquin, qui me poussa à bout.
_ Normal qu'il ne te réponde pas ! Tu sors plus de bêtises que tous les cons que j'ai jamais connu !
_ Sakura...

Je ne sais pas si ce souffle signifiait que j'avais surpris Shikamaru ou si je l'avais énervé mais en tout cas, il ressentit le besoin de me protéger comme la dernière fois. Il se plaça entre moi et Hidan qui avait viré au rouge, lui qui était d'une pâleur cadavérique. Et c'est alors que, dans l'angle de son épaule, j'entrevis sa tignasse noire. Il était toujours déguisé en Roméo tandis que moi j'avais remis mes haillons de paysanne. Le comble était vraiment ironique.

_ Toi la peste ne te mêle pas de ça.
La peste ?!
_ Hidan ! Cria Shikamaru.
_ T'as pas de couilles la lopette !

Soudain, il n'y eut plus d'ombres devant moi. Shikamaru, à bout mentalement, avait sauté sur Hidan et les deux se battaient comme deux chats de gouttière. Le Nara lui envoya un crochet du droit et le membre de l'Akatsuki riposta avec un coup de pied latéral. Ce qui me gênait le plus dans ce combat, ce n'était pas tant le sang ou les coups, mais le fait que les badauds tout autour n'intervenaient pas pour les séparer ! A croire qu'il voulait les laisser se battre jusqu'à ce que l'un d'eux tombe presque mort. Il fallait absolument que quelqu'un agisse et vite !

Je tentais un pas dans sa direction mais Saï me retint par le bras et me fit signe d'observer les choses. De la cohue massée tout autour des deux combattants se dégageait une ombre. C'était Temari, je l'aurai reconnue entre mille avec ses quatre couettes. Elle entra directement au milieu de la bagarre et asséna un bon coup de pied dans l'entrejambe de Hidan qui se plia en deux et tomba à genoux. En face de lui, Shikamaru était courbé et haletait avec quelques balafres bien marquées sur ses joues.

Peu à peu les spectateurs se dissipèrent, conscients que la bagarre était finie et qu'il n'y aurait pas de marres de sang... Il ne restait plus Sasuke et Naruto.

_ Je croyais que tu savais te battre, l'intello ? Le nargua Temari.
_ J'avais pas besoin de ton aide...
_ C'est ça ! Elle fit un petit mouvement de tête très significatif. Tu me prends pour une idiote ou quoi ?! Sans moi tu serais dans le même état que cet imbécile.
_ Tu sais à qui tu parles au moins ? Cracha Hidan, toujours à genoux.
_ Au roi des cons ! C'est pas parce que tu es une star que tu peux te permettre de dénigrer et d'insulter le travail des autres ! T'as pris la grosse tête, mec !
_ Espèce de...
_ Vas-y termine ta phrase et je te castre pour de bon !

Je n'avais jamais vu Temari dans un tel état ! Je la savais féministe et dure à cuire mais... Enfin c'est compliqué à expliquer, je ne saurais pas exactement dire ce que je ressens, mais je ne m'imaginais pas Temari comme ça. Brusquement je remarquais que Saï me maintenait toujours et je bougeais un petit peu pour me dégager. Il réagit aussitôt et se gratta la tête en s'excusant. Puis, je revenais à mes moutons : au bout du compte, je n'avais pas payé ma dette à Shikamaru et j'en devais peut être une à Temari.

_ Bon c'est pas tout, mais j'ai encore des photos à prendre moi. Salut !
_ Temari ?
Elle se retourna, surprise de voir que c'était Shikamaru qui l'avait interpellée.
_ Merci du coup de main, je t'en dois une.
_ Tu sais que mes services coûtent très cher !
Enfin, elle s'en alla avec un léger rire. Shikamaru se retourna alors et me fixa :
_ Merci à toi aussi.
_ Hein ? Mais pourquoi ?
_ Parce que tu as pris ma défense et parce que si tu ne t'étais pas faite insultée, je ne l'aurais pas cogné alors qui le méritait.

Le rouge me monta aux joues. Je venais de faire complimentée et insultée en même temps, ce qui était très étrange et en plus, Hidan était toujours par terre entrain de me fusiller du regard comme si j'étais la cause de son humiliation.

Finalement tout rentra dans l'ordre, peu de temps après, Kakuzu vint chercher Hidan et la journée se termina. Pour la fin du festival culturel, Tsunade-sama avait prévu un petit discours et des banquets dans la cour. Même si l'on était en automne et que les nuits étaient fraiches, celle-ci fut particulièrement chaleureuse. Il y avait des petits flambeaux un peu partout et puis une joie sincère et pure. Hinata, Naruto, Sasuke et moi étions ensembles, et dégustions quelques friandises sur « le banc de Naruto », nommé ainsi parce que c'est ici que ce sont rencontrés Sasuke et Naruto pour la première fois. Contrairement aux semaines précédentes, aucun secret et aucun trouble ne venaient tout gâcher. C'était comme si l'annonce des fiançailles avait abaissé le mur invisible qui nous séparait pour laisser place à notre amitié depuis trop longtemps oubliée. Comme quoi certains mauvais côtés n'apportent pas que des choses négatives...

Le mariage de mes deux amis ne planait même pas au dessus de nos têtes. Nous agissions comme avant, comme si de rien n'était. Mais même si tout va bien, aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de penser que les choses vont passer à la vitesse supérieure et que tout ne sera plus jamais comme avant.

Point de vue : SASUKE UCHIHA

Pfut ! Ce festival m'avait semblé plus long que le trimestre entier. J'étais bien content que tout cela soit enfin finit, surtout l'extravagance ! Je n'en pouvais plus de porter ces haillons, encore que j'ai triché sur la fin puisque j'ai gardé mon costume de Roméo... Le lundi matin avait été cool : pas de cours au profit du ménage. Les garçons, normal on est les plus forts, s'étaient chargés de démonter les stands pendant que les filles, normal Cendrillon était une femme, avaient passé le balais et la serpillère.

Malheureusement pour moi, la journée ne fut pas tout le temps cool. J'eus à subir de nombreuses questions et réflexions par rapport à mon mariage. J'ai horreur de ce mot ! Garçons et filles s'étaient succédés, les uns pour me féliciter de façon très macho, les autres pour pleurer et dire qu'elles étaient tristes de ne pas être à la place d'Hinata. Justement, ces dires m'inquiétaient. J'ai passé une partie de mon année avec Hinata et je sais qu'elle à tendance à subir, à rester effacée... Si elle subit des brimades, elle laissera faire ses agresseurs et ne dira rien, or je ne veux pas que ce soit ainsi. Je ne veux pas qu'elle souffre à cause de cette histoire parce que sinon, Naruto va me faire a peau. D'accord, je suis aussi un peu inquiet pour elle... Ok et Sakura va me tuer !

D'ailleurs il faut absolument que je parle de ça avec Sakura. C'est une fille alors elle pourra lui parler et la réconforter mieux que moi je ne pourrais le faire. Décidé, je prenais le chemin du théâtre. En poussant les portes je fixais la scène, les projecteurs étaient allumés plein feu, le parquet brillait de mille éclats et au milieu de tout ça, elle était là. Sakura était sur une échelle appuyée contre un décor et entrain de le démonter avec un marteau. Je m'approchais doucement et en silence, elle ne semblait pas savoir que j'étais là. Mais les marches grincèrent sous mes pas et elle se détourna brusquement, faisant vaciller l'échelle. Je la vis tomber lentement en entraînant le décor et je me précipitais vers elle pour l'aider.

Elle tomba sur les planches dans un bruit sourd et je me jetais sur elle avant que le décor ne l'écrase. Je ressentis une violente douleur dans mon dos mais elle se dissipa bien vite : ce n'était que du carton, un peu lourd, certes, du genre qui peu vous foulez une cheville, mais pas au point de vous aplatir comme une crêpe. Sous moi, Sakura respirait fort, en tournant légèrement la tête, je vis qu'elle me fixait avec de grands yeux. Mes deux mains étaient de part et d'autre de sa tête, j'étais allongé sur elle, lui coupant certainement la respiration mais... Pourtant... Je ne voulais pas que cet instant s'arrête. Il me rappelait ce jour, en début d'année, dans sa chambre, sauf que là, nous n'étions pas animés par les mêmes sentiments qu'aujourd'hui.

_ Sasuke ?
_ Tu n'as rien ? Demandais-je.
_ Crétin ! C'est plutôt à moi de te demander ça ! Tu as un décor sur le dos je te rappelle.
_ Non, tu crois ?
Elle soupira et fit sa petite moue enfantine. Moi, je souriais.
_ Désolé, je ne voulais pas te faire peur, je voulais juste te parler...
_ De quoi ?
_ D'Hinata.
C'est alors que je compris que la situation était vraiment étrange. J'étais là avec la fille que j'aimais, si près d'elle que j'aurai put... Et pourtant je lui parlais d'une autre fille, de ma fiancée même...
_ En fait, je... J'ai peur que des filles n'essaient de lui faire du mal. Tu sais, parce que elle et moi, on est... enfin c'est officiel maintenant alors...
« Comment détruire un début de relation en une leçon et une phrase » par Sasuke Uchiha !
_ Je sais ce qu'il y a entre elle et toi, Sasuke... Je sais aussi qu'Hinata a eu des problèmes et c'est déjà réglé.
_ Vraiment ?
Inconsciemment je baissais ma tête un peu plus vers elle, ses lèvres avaient un pourvoir hypnotique sur moi.
_ Des filles l'avaient enfermée dans les toilettes, alors j'ai pris mon seau d'eau et je leur ai lancé sur la tête pour calmer leurs ardeurs. Ne t'inquiètes pas, elle est prévenue maintenant et Naruto a été engagé comme garde du corps.
Elle sourit légèrement et je m'approchais encore plus d'elle. Pourquoi ? Pourquoi était-elle un aimant pour moi ? Elle avait ce don qui me forçait à aller vers elle, à la regarder sans cesse, à l'aimer dans tout ce qu'elle faisait...
_ Je ne sais pas pourquoi... je n'ai pas pensé que tu l'avais déjà fait... pourtant je te connais si bien...
Je chuchotais, je m'approchais de plus en plus. Nos yeux ne se lâchaient pas. Je fermais doucement les miens et...
_ Qu'est ce que tu fais ? Murmura-t-elle.
_ Je...

Elle me poussa légèrement vers le haut et je finis par me dégager de dessous les décors. Je me mettais à genoux, face à elle tandis que Sakura se redressait pour s'asseoir en tailleur. Nous nous fixâmes et je me rendis compte que le lueur qui brillait dans ses yeux quelques instants plus tôt, avait laissé place à une autre pour exprimer beaucoup plus de souffrance.

_ Sakura, je...
_ Sasuke. Toi et moi ont... Tu ne peux pas me faire ça. Tu ne peux pas laisser mes sentiments de côté.

Je restais sans voix et baissais les yeux. Elle avait raison, à l'instant j'avais été égoïste. Je n'avais pas le droit d'agir de la sorte alors que j'étais fiancé à Hinata. Sakura se releva et continua de ranger le théâtre. Je l'imitais et la laissais finir pour retourner démonter les stands. Avant de franchir les portes, je l'entendis me dire « Je suis désolée ».

De retour dans la cour avec les idées bien chamboulées, je reprenais tant bien que mal mon travail. Itachi m'a dit que le temps était contre moi, mais je ne pense pas que se soit le seul.

Le temps passa, nous étions en Décembre, à la veille de la semaine de congé pour Noël et le Nouvel An. La neige n'avait commencé à tomber qu'aujourd'hui, vers la fin des cours et tous les élèves étaient dehors entrain d'admirer les flocons. Ils avaient tous le nez pointé vers le ciel blanc. Moi je regardais LE cerisier, celui où Sakura avait l'habitude de grimper. Elle y était de nouveau. Des tâches blanches parsemaient ses cheveux roses, son écharpe volait au vent... Je ne pense pas être le seul à le regarder mais je l'aurai voulu. J'aurais voulu être seul à voir ce moment de pure beauté.

Mais de toute évidence, tel n'était pas le cas car Gaara la rejoignit sur sa branche. Moi qui avais voulu écouter la dernière fois, aujourd'hui je n'en avais pas du tout envie et je m'en allais.

Le lendemain, les élèves partaient un à un. J'étais comme eux. Personne ne restait à l'école pendant les vacances de Noël, il s'agit d'un moment que l'on partage en famille alors...

Dehors, Itachi m'attendait devant les grilles mais cette fois il n'était pas en moto. Non, il avait ramené le van. Le van ? Pourquoi le van ? Je ne tardais pas à le savoir. Derrière moi, Naruto et Jiralya arrivèrent, puis ce fut Neji et Hinata et enfin Sakura.

_ Bon puisque tout le monde est là, on va pouvoir y aller.
_ Merci encore de nous avoir invités, Itachi-san. Déclara Neji.
_ Mais de rien, je ne supportais pas l'idée que des jeunes aussi gentils que vous soient seuls pour Noël !
Il afficha son éternel sourire et aida à charger les sacs dans le coffre avec Jiralya. Puis tout le monde grimpa. Mais avant de me glisser dans la voiture, Itachi me dit :
_ Joyeux Noël, petit frère !
Oui, un joyeux Noël avec Sakura, pour combattre le temps. Merci, Itachi ! Merci.

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# Posté le samedi 17 octobre 2009 13:33

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 14:54

Nouvelle Fiction : Et... Action ! [ Chapitre 21 ]

Nouvelle Fiction : Et... Action !  [ Chapitre 21 ]
Chapitre 21 : I wish you a merry Christmas and a happy new love !

Point de vue : SAKURA HARUNO

La demeure des Uchiha est immense ! Grande, spacieuse éclairée par de nombreuses vitres gigantesques. J'étais émerveillée, leur ancienne maison n'avait rien à voir, c'était une petite maison de banlieue aux murs rosés, aux fenêtres carrées et aux volets d'ébène. Mais cette villa n'avait rien à voir. Lorsque je passais la porte j'étais bouche bée, c'était il y a dix minutes et ma bouche est toujours ouverte. Itachi était tout fier de nous présenter son chez-lui, Sasuke lui, soupirait à tout va comme la fois où il m'avait invité pour le clip. Je gloussais un peu. Naruto avait un sourire béat et idiot comme à l'accoutumée et Hinata ouvrait de grands yeux.

Le maître des lieux nous conduisit dans un premier temps, dans le salon. Dans l'immense cheminée blanche, brûlait un feu réconfortant. Des quelques bûches posées sur les braises dans l'âtre, s'échappaient des flammes bleues et puis, au fur et à mesure qu'elles montaient, elles devenaient jaunes puis orange, puis rouges. Hypnotisée, je plaçais mes mains face à elles et les laissaient me réchauffer. Dehors, le paysage était blanc comme du coton, la terre et le ciel se confondaient en un mélange pur et harmonieux.

Soudain, j'entendis le bruit de la sonnette. Itachi esquissa un sourire satisfait et alla ouvrir en doublant la domestique qui devait s'en occuper.

_ Et voici ton cadeau, Sakura.
_ Mon cadeau ?

La porte s'ouvrit et laissa entrer trois ombres. Deux grandes et une plus petite. Elles me parurent aussitôt familières et, normal, vu que c'était mon père, ma mère et Moegi. La dernière m'avisa et se jeta sur moi pour m'enlacer par la taille. Elle rigolait tout doucement et bougeait la tête de droite à gauche. Je posais ma main sur ses cheveux et les lui ébouriffais avant qu'elle ne grogne comme Sharingan.

_ Sakura ! Tu m'as manqué ! Tu étais magnifique sur scène !
_ Merci, ma puce.
Je baissais à sa hauteur et la serrait contre moi. Puis mon père et ma mère s'avancèrent et eurent droit aux mêmes accolades toutes aussi chaudes.
_ Euh...
Neji, Hinata, Naruto et Sasuke me regardèrent ahuris.
_ Voici, ma famille et ma petite s½ur. Expliquais-je.
_ Ta petite s½ur ?!
Sasuke détacha chaque mot et je souris. Lorsqu'il était surpris ainsi, il me faisait toujours rire.
_ Oui. C'est normal que tu ne la connaisses pas, elle est née après ton départ.
_ Ah...

Il se frotta le menton, gêné et pensif, puis s'avança vers Moegi et se baissa à sa hauteur en tendant la main. Ma s½ur le regarda avec des yeux ronds comme ceux d'un poisson rouge, puis elle se mit à rougir... Oh non !

_ Toi ! Elle le montra du doigt. Tu seras mon mari ! Dans six ans on se mariera !
_ Quoi !
Comme d'habitude, Naruto réagit au quart de tour tandis que tous les adultes rirent de bon c½ur.
_ Moegi, tu sais Sasuke est déjà fiancé...
_ A qui ? A toi ?
Un silence pesant s'en suivit, il était même un peu lourd et je me forçais à rire pour le dissiper.
_ Non... à Juliette. Tu sais, mon amie très jolie là-bas.

Elle opina du chef et la discussion en resta là. Puis, nous déjeunâmes simplement en vu du dîner de ce soir. Puis, les hommes s'installèrent dans une chambre à l'ancienne couverte de tatamis au sol et de portes coulissantes couvertes de crépon ivoire. On se serait cru au temps des samouraïs et des geishas. La chambre des femmes étaient comme la leur. A partir de cinq heures nous étions tous réunis dans la salle à manger pour décorer le sapin de Noël. Itachi avait vu les choses en grand. Un sapin de deux mètres de haut avec des guirlandes faisant le tour de la pièce et des boules brillant de mille feux.

Moegi était sur les épaules de Sasuke pour accrocher les décorations les plus hautes, Hinata sur l'escabeau et Naruto lui tendait quelques objets, et puis Neji m'aidait. Pendant notre travail, il ne parlait que d'une chose : Tenten. Il la décrivait ainsi que les sentiments qu'il avait pour elle et il me racontait tous les bons moments qu'ils avaient eus. D'un côté, j'écoutais avec attention, de l'autre je me surprenais à être jalouse et triste pour ne pas vivre de telles émotions.

Plusieurs fois, Sasuke me lança des regards en coin, des fois je répondais, d'autres fois je faisais comme si je ne voyais rien. Cette fois où il avait voulu... Enfin ce jour-ci me revenait trop souvent en tête ces derniers temps.

Le temps passa vite et dans la bonne humeur. Vers vingt heures, nous passâmes à table. C'était un dîner de rois avec cinq plats, du champagne, du vin. Il dura presque trois heures, et une fois terminée, nous nous massâmes près du feu pour attendre minuit et échanger nos cadeaux. Moi j'avais un peu trop chaud, alors je saisissais un pull et mon écharpe pour sortir sur le balcon et respirer l'air frais de la nuit.

Le ciel était d'un noir d'encre avec quelques points lumineux par-ci par-là et des traînées de poudre blanche. Mes yeux rivés sur la nuit se perdirent pendant de longues minutes quand soudain une main se pausa sur mon épaule. Je me retournais vivement et faisais face à Sasuke. Sa peau paraissait plus blanche que d'habitude et ses yeux plus sombres mais il était toujours aussi beau.

_ Tu veux attraper la mort ?
_ J'avais un peu trop chaud. Avouais-je.
_ Tu es saoule ?
_ Non !
Il rit.
_ C'est bon, je plaisante, ne le prends pas mal... Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu avais une s½ur ?
_ A quoi est ce que ça t'aurais servi ?
_ Je ne sais pas... Je pensais juste que...
_ Excuse-moi...
_ Pas la peine. Au fait, j'ai ça pour toi.

Il me tendit un cadeau, une petite boîte verte entourée de rubans rouges. Je la déballais doucement. A l'intérieur se trouvait une petite pomme en argent et en or. En la prenant dans ma main, je vis qu'elle pouvait s'ouvrir et lorsque je le fis, je découvrais une petite coccinelle rouge qui oscillait doucement. Je relevais les yeux et le fixais, sentant un flot de larmes venir.

Point de vue : SASUKE UCHIHA

_ C'est un mange-chagrin. Dis-je. Quand tu es triste, il te suffit de l'ouvrir et de le regarder pour que toute ta peine disparaisse. Comme ça tu resteras toujours forte aux yeux des autres et tu pourras montrer ta tristesse en ceux en qui tu as confiance.
_ Sasuke...
_ Je sais que c'est un peu ridicule mais tu as pleuré tellement fois devant mes yeux que... Je me sentais si coupable...
_ Merci. Merci du fond du c½ur.

Elle me prit dans ses bras et enfonça sa tête dans mon cou. Je la serrais à mon tour et soufflais un grand coup. Un courant d'air nous fit frissonner tous les deux et nous nous écartâmes. Elle me fixa, puis sourit et s'avança vers moi avant d'embrasser ma joue droite. Ses lèvres restèrent des secondes interminables sur ma joue froide. J'écarquillais les yeux et les refermais brusquement quand elle s'éloigna pour retourner à l'intérieur.

_ C'est un peu orgueilleux mais, ça c'est mon cadeau de Noël pour toi. Joyeux Noël, Sasuke !
_ Joyeux Noël... murmurais-je.

Quelle sensation ! La chaleur de l'intérieur me sauta au visage en même temps que les exclamations de joie des invités.

_ Eh ! Sasgay' tu viens ! On attend plus que toi !
_ Combien de fois t'ais-je dis de ne pas m'appeler comme ça ?!
Je me ruais sur lui et manquais l'étouffer avec un coussin. Hinata retint des hoquets de terreur.
_ T'inquiètes pas, Hinata, je ne vais pas le tuer.
_ Mais moi si. Intervint Neji. Il m'en a fait voir des vertes et des pas mûres depuis trois heures et j'ai les poings qui me démangent.
_ Neji-nii-san ! S'exclama Hinata.
_ J'ai peut être mon mot à dire non ? Intervint Jiralya, il s'agit de mon fils.
_ Ah, c'est pour ça qu'il est si... Plaisanta Sakura en mimant un dérangé.

Itachi éclata de rire et Jiralya se renfrogna avant de rire à son tour. Finalement les cadeaux furent échangés. Moegi ne me lâcha pas d'un poil et me força même à ouvrir ses cadeaux pour elle. Hinata reçut une magnifique chaîne de Naruto avec un pendentif en forme de spirale qui y pendait. Neji eut droit à des manuscrits de poèmes de Victor Hugo ou de Baudelaire. Moegi eut des poupées et autres jouets de petites filles.

Tous les cadeaux étaient beaux et resplendissants mais ils n'étaient rien à côté de celui que Sakura m'avait offert. Je crois que c'est le plus beau qu'on ne m'ait jamais fait.

A une heure du matin, tout le monde dormait, éreintés par la journée qui venait d'avoir lieu. Tout le monde sauf moi... La brûlure des lèvres de Sakura sur ma joue, persistait toujours. Elle me picotait doucement et m'empêchait de sombrer dans de doux et merveilleux rêves. Je décidais alors de me lever et de sortir me mouiller le visage. Le contact de l'eau sur ma peau, me fit sortir de ma torpeur et ramena la fatigue.

Lorsque je revenais vers ma chambre, je m'arrêtais brusquement. Sur les portes coulissantes couvertes de crépon se reflétaient deux ombres. La première flasha dans mon esprit : Sakura et la seconde était certainement celle de Naruto vu la masse de cheveux hirsutes. Ils devaient certainement être adossés contre le mur en face des chambres. J'entendis leur murmures et écoutais, comme d'habitude.

_ Tu n'es pas triste toi ? Demanda Naruto. Comment arrives-tu à contenir tes sentiments ? C'est une torture pour moi. Elle est si près de moi, je pourrais la coller tout contre moi et je ne peux pas.
_ A cause de Sasuke ?
Je tressaillis.
_ Non à cause de moi. Je respecte tellement les traditions et les engagements que je me refuse à impliquer Hinata dans une trahison. Ça va te paraître étrange parce que ce qui me fait souffrir c'est ma propre volonté.
_ Naruto... Tu es beaucoup plus mature et censé qu'il n'y parait. Je crois que c'est toi le héros de cette histoire.
_ Cette histoire ?
Sakura gloussa silencieusement puis pencha sa tête sur l'épaule de Naruto.
_ Il était une fois quatre amis, maudits par le destin : un Apollon, une princesse, un martyre et une paysanne. La princesse et le martyre étaient fous amoureux et un douloureux passé liait l'Apollon et la paysanne. Mais la princesse et l'Apollon était voués à s'épouser pour le plus grand malheur du martyre et de la paysanne. Pour combattre cette injustice, le martyre décida de s'élever contre le destin et de souffrir pour aider les autres, pour les aider à exaucer leur plus grand souhait. Mais le destin est un ennemi redoutable et le martyre s'entoura de valeureux compagnons comme un géant, un génie, le frère d'Apollon et même la paysanne choisit de se joindre à la bataille. Ce fut un long combat qui s'engagea.
_ Et quel en est le dénouement ? Demanda Naruto avec une voix sérieuse.
_ On ne peut pas battre le destin sans sacrifice, reste à savoir qui de la paysanne ou du martyre sera sacrifié.

Je restais pétrifié. La voix de Sakura était morte dans un souffle, j'avais même eut du mal à l'entendre. Et c'était comme si de cette manière, elle montrait qu'elle choisissait d'être ce sacrifice pour laisser Naruto survivre dans la paix et l'amour avec Hinata. Moi, qui suis l'Apollon, je n'aurai pas de mal à tourner la page.

Mais je ne voulais pas que cette histoire se termine ainsi. Un « il était une fois » se termine toujours par un « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». Naruto et Sakura restèrent encore quelques instants assis côte à côte puis ils se séparèrent et retournèrent dans leur chambre. Je les suivais plus tard et retournais sous ma couverture bien au chaud. Dans le coin droit de la pièce se trouvait Itachi, puis Jiralya avec les cheveux en pagaille autour de l'oreiller, puis le père de Sakura, Neji, Naruto et enfin moi. Je me tournais vers le mur et tentais d'oublier le récit de Sakura. C'était pourtant vrai que cette histoire correspondait à notre vie. Mais je ne voulais pas que Naruto en soit le seul héros, moi aussi je voulais être. Je voulais écrire une fin qui dirait que la paysanne essaya de se sacrifier mais que l'Apollon l'en empêcha puis qu'il sauva le martyre et la princesse offrant une fin heureuse à tout le monde. Si la vie pourrait être aussi simple qu'un conte de fées !

Le lendemain matin, nous étions tous réunis pour le petit déjeuner, Itachi, Jiralya, les parents de Sakura et Moegi partiraient faire une ballade en ville tandis que Naruto, Hinata, Neji, Sakura et moi partirons faire une promenade en forêt puis une bataille de boules neiges.

Les garçons étaient prêts, ils ne manquaient plus que les filles que nous attendions au pied de l'escalier dans l'entrée. Au bout de dix minutes elles arrivèrent, Hinata emmitouflée dans un manteau violet avec une écharpe beige et Sakura tout en blanc. Elle était telle une apparition divine, un ange magnifique.

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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 15:22

Modifié le samedi 31 octobre 2009 10:49